Flux RSS

Archives de la Catégorie Ceux qui parlent de l’infertilité

Mais heureusement, ma troisième écho est déjà passée

Publié le

Y a deux mecs dont on est aussi amoureux le mari que moi-même: Jamie Oliver et Michel Cymès. Me demandez pas pourquoi, c’est comme ça. Bon pour le premier depuis qu’on n’a plus cuisine tv on se contente d’une relation longue distance et de le regarder avec un oeil amoureux quand on le voit à la fnac. Pour le deuxième, on peut encore le regarder, à l’heure à laquelle on déjeune en plus, Le Journal de la santé, c’est toujours un tel bonheur.

Alors vous allez me dire que y a bien longtemps qu’une flippée de la grossesse comme moi aurait dû arrêter de regarder cette émission. oui mais Michel quoi. Donc avant-hier, je suis tombée sur ce très sympathique sujet: “Procréation assistée: quels risque de malformations?”

Je vous la fait brève (pas comme ma bite): en gros, il est désormais avéré que les enfants nés par AMP ont plus de malformations que les autres. Bon, c’est pas non plus un truc de ouf, la spécialiste invitée disait quand même que ça vaut largement le coup de prendre le risque pour avoir son bébé. Le pourcentage est plus élevé que pour les couples non infertiles, mais pas non plus inquiétant.

Parce que: la malformation n’est probablement pas liée à la manipulation des gamètes (enfin de ce que j’ai compris, corrigez-moi si je me trompe, je vous fais ça de mémoire), mais au fait que c’est le fait d’être porteurs de malformations qui pourrait être à l’origine de l’infertilité. Classe quoi, c’est fromage ET dessert: t’es porteur d’un truc chelou, donc tu peux pas le transmettre. Mais t’inquiète t’es le dernier informé. La bonne nouvelle c’est que si par miracle t’as un enfant sans AMP, bah du coup il a aussi plus de chance d’avoir une malformation que les autres.

 

Bon moi je vous dis ça, parce que j’ai un blog sur l’infertilité et que j’essaye désespérément de lutter pour qu’il le reste, donc je vous transmets les infos. La bonne nouvelle, c’est que bon, ce risque est plus haut, mais pas de grand chose quoi. Et que mon échographie du troisième trimestre est déjà passée, ce qui m’a évité d’aller chercher sur internet la longue liste de toutes les malformations qu’elle aurait pu révéler.

Si vous voulez voir le replay, il est, le sujet commence approximativement à 4’40.

Les véritables raisons de l’infertilité

Publié le

Je vous jure les gens, je voulais vous donner un troisième conseil tout miteux pour que votre petit embryon s’accroche à votre petite muqueuse utérine aujourd’hui.Hélas, une adorable lectrice (dont j’ai oublié le pseudo, mais si elle me le rappelle je le remets ici tout de suite ♥) m’a envoyé un lien vers un article du parisien qui s’appelle “Un Espoir pour les couples infertiles” et qui vaut son pesant de cacahuètes.

Mais sachez quand même qu’il s’agit d’un article sérieux hein, c’est pas une blague. on pourrait croire que c’est un marabout qui met ses petits papiers “je règle vos problèmes retour de l’être aimé, impuissance, argent, travail, stérilité” qui leur a servi de consultant. Point du tout, c’est une vraie gynécologue qui travaille  la Muette qui témoigne.

Déjà, si les couples infertiles n’ont pas d’enfants, c’est de leur faute. Bon, ça vous allez me dire, on le savait aussi, depuis le temps. Alors pourquoi que c’est de leur faute cette fois-ci: parce qu’ils fument. L’infertile est un sale toxicomane. Ne me dites pas “ah oui mais moi je fume pas beaucoup”, à partir de quatre cigarettes par jour, tu l’as dans l’os qu’il dit l’article. D’ailleurs une dame témoigne: “J’ai arrêté de fumer et ça a marché”. Bon, par fiv, mais sa fiv a marché quoi. Juste quand elle a arrêté. C’est presque comme si elle était redevenue fertile.

D’ailleurs la gynécologue elle nous dit qu’elle a remarqué que les infertiles sont une population qui consomment plus de tabac, d’alcool et de cannabis. Comme quoi. Nan mais pourquoi est-ce que le petit Jésus voudrait confier des enfants à ces gens-là?  C’est rien que des sales hippies qui prennent des drogues les infertiles.

Le docteur pointe aussi une deuxième raison qui génère de l’infertilité. C’est que l’infertile est un peu con. L’infertile n’a pas bien compris comment on fait les bébés. L’infertile ne fait pas l’amour. Oui oui, la gynécologue elle dit ça: les infertiles ils fotn pas l’amour, faut pas s’étonner après de pas y arriver. Ah ça oui je suis bien d’accord avec elle. Et puis sérieux, des gens complètement toxico, pas foutu de se pénétrer, vaut mieux qu’ils arrêtent de se reproduire à un moment j’ai envie de dire. Nan parce que vous imaginez l’humanité que ça nous réserve pour la suite?

« Il n’y a que 3 ou 4% de stérilité définitive, conclut Silvia Alvarez. Dans l’infertilité, beaucoup de choses sont réversibles, même si c’est parfois difficile. Et si l’on veut mettre toutes les chances de son côté, il faut commencer par analyser le mode de vie des patients et supprimer tous les facteurs toxiques. »

C’est ce qu’elle nous dit la dame. T’as bien compris? Tu crois que t’es infertile, mais en fait t’es pas infertile en vrai, t’es juste drogué ou con. Je vais de ce pas en parler à mon sale mari bouffeur de légumes et obsédée par le sport, il doit me cacher des choses. En attendant tu peux répondre à ce sondage (j’aime les sondages, ça donne une impression de démocratie):

Finalement, je trouve que Le Parisien, il donne quand même des conseils bien plus pourris que les miens, mais je suis partiales hein.

Ceci est un infertile

[EDIT: Le but de ce blog n'étant pas de blesser les gens qui auraient pu avoir affaire à cette gynécologue, je me permets de nuancer mon propos: cette personne est probablement très compétente dans son métier, le fait même qu'elle fasse des fiches pour chacun de ses patients et qu'elle leur fasse remplir un questionnaire montre l'intérêt qu'elle porte à leur donner un bébé, en adaptant ses traitements et ses conseils à chaque couple, ce qui est tout à fait louable. CEPENDANT, il n'en reste pas moins que je trouve que ces deux papiers, celui du parisien déjà cité et celui de Top Santé sont du putain de bullshit, qui font croire que finalement, l'infertilité, c'est quand même pas si compliqué, et nient les pathologie qui peuvent y mener. Un infertile n'est pas juste quelqu'un qui ne peut pas avoir d'enfant. Dans ce cas, on pourrait aussi dire que les anorexiques qui n'ont pas d'ovulation sont infertiles, et que les infertiles devraient penser à faire des repas plusieurs fois par jour pour réussir à avoir des enfants.]

“Un bébé nommé désir”, un billet à la bourre, mais j’ai regardé le replay un peu tard

Je passerai sur le fait que je ne vois pas le lien entre l’AMP et un film magnifique des années 50 qui met en scène une tarée et un type qui bat sa femme. Je passerai aussi sur le fait qu’en commençant son reportage par “J’ai eu mes enfants au moment où je l’ai voulu” probablement la comédienne qui présentait le reportage n’avait aucune idée de ce qu’est une infertile et que ce genre de phrase, bah ça énerve les infertiles souvent. A mort.

Sérieusement, je l’ai trouvé nul ce documentaire. Même le mari l’a trouvé nul (en tout cas il a trouvé nul la première demi-heure qu’il a regardé avant de sombrer du sommeil du juste, mais j’espère qu’il pourra venir lui-même s’exprimer ici s’il finit par se sortir les doigts du cul pour venir taper sur mon auguste clavier avant la fin de la semaine, et ceci n’a rien d’une métaphore sexuelle croyez-moi.

Pourquoi ai-je donc trouvé ce documentaire tout pourri malgré la présence du vénéré Docteur Frydman en son sein?

1. L’AMP, des techniques pour les vieilles femmes de 35 ans.

Je vous ai déjà dit à quel point ça me gonfle cette histoire d’âge? Oui la fertilité baisse avec l’âge, mais jusqu’à preuve du contraire, la ménopause ne viendra pas taper à votre porte à minuit le jour de votre trente-cinquième anniversaire. Quoi que, remarquez qu’avec ma veine, j’ai plutôt intérêt à lui préparer le café, sait-on jamais. Mais a priori, non, on ne devient pas brutalement stérile à 35 ans.

Dans le documentaire sur soi-disant donc des techniques pour remédier à la stérilité ou à l’infertilité, je n’ai pas entendu parlé ni d’OATS, ni d’OMPK, ni d’endométriose, ni d’infertilité inexpliquée ou autre. Que dalle. En revanche que voit-on? Des femmes (probablement d’infâmes carriéristes égocentriques et fêtardes) trop vieilles pour avoir un enfant, et contrainte d’avoir recours à la fiv voire au don. On ne nous dit absolument pas de quoi le couple souffre, ce qui le rend onfertile.On laisse sous-entendre que c’est le temps qui passe ma bonne dame. Presque que je leur dirais bien fait tellement que c’est trop le mal d’attendre d’avoir rencontré l’homme de sa vie pour faire un enfant.

Presque j’aurais envie de dire si tu es infertile, que tu as moins de 35 ans tape dans tes mains dans les commentaires. Mais personnellement j’aime bien les vieilles femmes de 35 ans, et je vois pas pourquoi des vieux hommes de de 60 ans (j’ai personnellement un grand-père qui a eu sa dernière fille à 58 ans) peuvent avoir des enfants tant qu’ils veulent, alors que les vieilles femmes de 35 ans devraient accepter que le temps fait beaucoup à l’affaire des ovaires qui tombent en décrépitude.

2. Des techniques dites de confort.

Désolée, je suis une personne légèrement bordélique dirons-nous, je vais donc englober dans le documentaire le débat qui l’a suivi. Donc on entend parler de techniques utilisées pour le confort des gens. Comme la vitrification des ovocytes par exemple, vous savez, cette technique qui consiste à se faire prélever ses ovaires quand est-ce qu’on est jeune et fringante de l’utérus, pour pouvoir éventuellement les réutiliser quand on sera une vieille femme de 35 ans si on s’est réveillée un matin avec un utérus qui sent la choucroute pas fraîche (et je parle bien de l’utérus, pour le reste ça devrait s’arranger si vous participez au prochain give away saforelle qui ne manquera sûrement pas d’être organisé sur la blogosphère ne vous inquiétez pas).

On est des stars les filles, je vous le disais bien, les gens trouvent ça tellement confortable notre vie d’infertile qu’ils veulent tous faire des fiv.

J’ai envie de dire si vous me permettez, que celui qui parle de technique de confort pour ça, il s’est jamais pris une aiguille dans la chatte pour te faire une ponction ovocytaire (le correcteur automatique me propose d’ailleurs de remplacer le mot “ovocytaire” qu’il ne connait pas par le mot “astrocytaire”, preuve que les gens s’intéressent bien plus à ce qui se passe dans l’espace que ce qui se passe dans le corps d’une femme) . Bon, le confort, c’est quand même d’avoir le choix entre l’anesthésie générale et l’anesthésie locale, mais c’est vrai que c’est tellement funky d’avoir ensuite des bleus à l’utérus pendant deux jours, et puis surtout, de se taper toute la stimulation hormonale qui va avec, qui finit avec des ovaires énaurmes que ça te pousse dans le ventre quand est-ce que tu vas faire pipi, et que c’est tellement confortable!

Et puis ouais, la fiv, c’est quand même le top du confort. Nan parce que faire un bébé dans un lit en deux coups de cuillère à pot, c’est quand même chiant, rapport au fait qu’on doit enlever son pyjama l’hiver et que ça fait du froid à la raie des fesses, et que l’été ça fait trop chaud de s’agiter comme ça dans la chaleur. Franchement, y a pas à chier, la vitrification des embryons, c’est grave confortable, les femmes voudront carrément plus jamais faire des bébés à l’ancienne. Mais je les comprend c’est tellement has been.

Nan mais sérieux, deux piqûres par jour pendant au moins trois semaines, avec contrôle par prise de sang et échographie, c'est quand même le top du confort.


Il y a plein d’autres trucs que j’ai envie de dire sur ce documentaire. Par exemple que leur psychologue pour qui l’AMP c’est le mal absolu en puissance, je me demande où ils sont allés la pêcher. Par exemple que j’aurais bien voulu qu’au lieu de nous montrer la clinique américaine qui te fournit une mère porteuse sur mesure dans un cadre tout à fait consumériste, on nous montre juste les solutions que cette pratique si elle est pratiquée avec éthique peut apporter, sans forcément nous dire que c’est grave la modernité et le monde des petits poneys, mais sans le montrer non plus comme un truc de tarés.

J’aurais bien aimé aussi qu’au lieu de montrer que des cas extrêmes de l’infertilité, on nous montre un peu plus de couples confrontés à des problèmes de fertilité autres que l’âge ou le cancer, et la succession d’échecs et si on de la chance, le grand bonheur qu l’AMP représente. D’ailleurs, le seul documentaire sur le sujet que j’aie aimé et qui m’ait fait chialé ma race (ce qui n’est poin aisé pour un documentaire, étant donné que je n’ai point de coeur apprenez-le), c’est celui qui s’appelle “Les bébés de l’amour et de la science” qui est juste magnifique.

Voilou. Vous êtes maintenant invités à venir dire du mal échanger vous aussi en commentaire de ce billet en retard.

“Couples infertiles cherchent ovocytes”

C’est moi où on en parle beaucoup en ce moment? Avant-hier, c’était Le Monde qui sortait un article à ce sujet, relayé hier après-midi par France Inter.

Pour en faire le résumer: “1673 couples sont actuellement en attente d’un don d’ovocyte, alors que seulement 328 femmes ont été prélevées cet année”. Ouais ça fait pas bézef quoi. Y a autant d’ovocytes par donneurs que de filles par geek dans une école d’ingénieur en fait, c’est moche.

En gros peu de dons parce que peu de gens savent que c’est permis, même dans les milieux médicaux, et puis quand même, parce que disons le, tout comme mon mari, le don d’ovocyte est long et dur.

Aucun mot sur le fait que ça puisse être un peu zarbi de donner une de ses cellules et un peu de son patrimoine génétique à quelqu’un. Je dis pas que je suis contre, loin de là, mais c’est quelque chose qui souvent questionne. Mais bon, comme apparemment, il ne faut surtout pas trop ouvrir le débat sur ce sujet, on le laisse de côté.

Sérieux, je me rends compte que donner mes ovocytes de façon absolument aveugle à des anonymes, je ne le ferais pas. Pas parce que ça me pose un quelconque problème moral ou éthique, ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout le cas. Je m’en tape le cul par terre qu’une cellule à moi soit potentiellement mélangée à des cellules de quelqu’un que je ne connaitrai probablement jamais, les cellules, ce n’est pas moi, sinon j’ai plus qu’à faire la chasse à tous les morceaux de peaux mortes que je perds dans mon lit et les mettre dans un bocal en les appelant “mes enfants”. C’est autre chose qui fait le lien entre les enfants et les parents que l’ovocyte à partir duquel ils ont été formés.

En revanche, si j’avais une amie qui avait besoin d’un don, je crois vraiment que j’hésiterais très peu pour aller donner mes oeufs et lui permettre de remonter dans la liste d’attente. Le traitement, je sais ce qu’il est, je l’ai déjà fait, je le referai pour moi-même, alors, une fois de plus une fois de moins, si ça peut aider  amie, ça ne me dérangerait pas. Parce qu’après tout, la stimulation c’est surtout contraignant, et je pense vraiment que c’est quand on le fait pour soi-même que c’est le plus difficile psychologiquement. Mais le faire pour des anonymes, simplement pour une foule de gens que je ne connais pas, ça ne serait pas assez pour me motiver à aller me faire trifouiller la caverne à 8h du matin pour voir mes ovaires. Ouais je suis pas une fille super généreuse, enfin disons que si mais j’attends assez vite mes limites.

Bon, les gens, je crois que je viens avec cet article d’enterrer les restes d’esprits de Noël qui subsistaient en moi, j’ai plus qu’à aller démonter mon sapin et pisser sur les jouets des enfants des voisins. Mais l’important avec le don, pour le moment, c’est surtout d’en parler je trouve.

Je n'ai qu'un seul regret dans avec l'AMP: c'est de n'avoir jamais vu ni un de mes ovules, ni un spermatozoides du mari. Et merde, on va devoir refaire une fiv ne serait-ce que dans l'espoir de voir ça un jour!

 

 

Mon enfant à tout prix

Le samedi, mon mari travaille. Je vais quand même pas rester chez moi et m’occuper de la maison, ou me faire  à manger, faut pas pousser. Donc je vais chez ma mère. Ma mère, quand je vais chez elle, elle me fait à manger qu’est-ce que je veux, et elle me ramène mon assiette dans mon fauteuil devant la télé. Ouais c’est régressif. En même temps, du temps que j’habitais chez elle si je lui avais demandé de me ramener mon assiette elle m’aurait foutu une calotte derrière la tête et elle m’aurait dit “Lève-toi et va plutôt me chercher la mienne”. Donc je profite qu’elle essaye de me faire croire que “Mais nooooooooooon, reviens à la maison ma fille tu sais bien qu’ici c’est le Paradis”.

Bon, en contrepartie, faut regarder avec elle tf1 tout l’après-midi. Entier. Donc le téléfilm, et après, Ghost whisperer la série qui fait un peu peur. Le téléfilm, c’était Mon enfant à tout prix. Tout un programme.

Bon, déjà, j’ai passé dix minutes à regarder l’actrice en me demandant “Mais où est-ce que je l’ai déjà vu celle-là? Ah mais ouiiiiiiiiiiiiiii! C’est dans Desperate Housewives! C’était la cinglée!”

Ensuite, on peut se concentrer sur l’intrigue. C’est donc l’histoire d’un couple qui ne peut pas avoir d’enfant. Enfin le mari il peut, il a même déjà un fils, mais la dame non. Et là, on rentre dans le monde surréaliste de l’infertilité du téléfilm.

En sortant du travail, la dame (ouais j’ai oublié les noms des personnages), elle croise une copine à elle, et on a ce dialogue un peu dingue:

- comment s’est passé ta fécondation in vitro de ce matin?

-Ahahahah, en fait je n’avais rien à féconder!

Gné? Ta fécondation in vitro de ce matin? Tu veux dire sa ponction? Le truc sous anesthésie après lequel on a deux jours d’arrêt maladie j’imagine? Et donc elle elle repart bosser comme ça après, normal. Nan mais c’est beau l’Amérique, c’est ça le rêve génial!

Et puis même si ça avait été fécondé, elle aurait répondu quoi? “Ah ça s’est très bien passé, on m’a sorti 8 ovocytes de la chatte!” Ou alors “J’ai cinq embryons de fécondés! J’ai hâte de me les faire réimplanter et de stresser pendant quinze jours pour voir si je vais être enceinte ou si vu mon âge, je vais chialer ma race devant ma prise de sang négative!”

Donc la dame, vu qu’elle a apparemment une confiance toute relative dans son utérus en carton, elle décide d’adopter. Et là elle fait QUOI? Elle va sur internet, elle tape “adoption” dans google, et elle tombe sur un formulaire, elle le remplit, et deux heures après on l’appelle pour lui dire “Yeah madame! Vous avez rempli le formulaire? Bah justement, j’ai un bébé à faire adopter, ça vous dit?”

Bon, quand même, quand elle raconte ça à son mari, il comprend qu’elle est un peu chelou. Et il le lui dit. Et elle lui répond “Je ne croyais pas que j’arriverais à cet âge sans avoir d’enfant.” Là j’ai failli chialer. Mais à mort quoi. Putain mais il est horriblement triste ce téléfilm en fait! Mais qu’est-ce que c’est que cette merde! Je savais qu’on aurait mieux fait de regarder celui de m6!

Alors après, elle va acheter des articles de puericulture pour lé bébé qu’elle n’a pas encore adopté, et son mari et elles se trouvent confrontés à un odieux trafic d’enfant. Mais vous en faites pas, à la fin le bébé est sauvé, et elle l’adopte.

La minute “mangeons du bois pour ne pas nous porter l’oeil”:

C’est quand la femme et son mari sont dans leur jardin avec une piscine et une vue sur la mer directe, à couper le souffle. C’est là qu’avec ma mère on s’est dit “Oh putain comment ils sont riches eux! Mais heureusement qu’ils sont stériles au moins!” Ouais, on est méchantes, et après on a peur que la malchance s’abatte sur nous par vengeance. Vous reprendrez bien un peu de bois?

Vous pouvez voir le film en replay ici!

ouais je vous ai raconté la fin. comme si vous vous en doutiez pas

Osamu Tezuka et la teratospermie

Osamu Tezuka, c’est le charmant papa d’Astroboy, et du Roi Leo, et de Princesse Saphir, pour faire court. si vous ne connaissez pas ces dessins-animés, c’est obligé, vous avez raté votre enfance, je vous conseille de prendre de suite tous vos RTT pour les regarder, si vous ne voulez pas aller dans l’Enfer des gens qui n’ont pas été élevés par le club Dorothée, où on vous chantera des chansons des télétubbies et de Dora l’exploratitrce pour l’éternité. C’est méga-chiant, je voudrais pas y aller perso.

Mais Osamu Tezuka, c’est aussi l’auteur de bande-dessinées critiques et grinçantes, comme Debout l’humanité (ou alors Demain les oiseaux, qui est vraiment, mais alors vraiment très très bien).

Dans Debout l’humanité, Tezuka nous parle d’un type atteint de teratospermie, c’est-à-dire qui a des spermatozoides non conformes à la norme. Ouais, comme mon mari voilà, sauf que mon mari est plus beau, mais alors beaucoup beaucoup plus beau.

Nous on a passé un an à) essayer de mettre au point une nouvelle race d'hommes avec des spermatozoides cas sociaux: bah ça fonctionne beaucoup moins bien dans la vraie vie laissez-moi vous le dire...

Alors voilà ce que donne un spermogramme (vous savez, quand le mari va se tripoter la nouille dans un laboratoire en essayent de viser son pot, et qu’il ressort en râlant et en disant “tu peux pas savoir comme c’était gênant”, partant du principe que c’est moins grave si vous vous montrez votre chatte trois fois par semaine à trois médecins différents pour faire des choses joyeuses comme des hysterographie ou des échographies, c’est-à-dire des trucs on on finit toujours par vous rentrer un machin dans votre caverne).

C’est un peu flippant nan? A choisir je préfère encore aller me secouer la bête dans un laboratoire moi…

Ceci est ma participation aux vendredis intellos de madame Déjantée!

Edit du 29/09/2011 au soir! Ahahahah, oui, je confonds le vendredi et le jeudi. Ouais, j’aime bien lancer des nouveaux concepts comme “Stop au jeudi ce jour inutile dans la semaine” et “pour un vendredi intello du jeudi”. Bon, ok, je me suis trompée, je suis fatiguée en ce moment.

La fée condation in vitro

Puisque l’Aubergine a déjà fait un vendredi intello sur les contes de fées, il y a pas de raison que je ne poursuive pas non plus dans la voie qu’elle a tracée en examinant les techniques de dépassement de l’infertilité dans les contes de fées.

Technique numéro 1: le grain d’orge

Voici le début du conte d’Andersen paru en 1876 en France qui s’appelle “Poucette”:

Une femme désirait beaucoup avoir un petit enfant ; mais, ne sachant comment y parvenir, elle alla trouver une vieille sorcière et lui dit : « Je voudrais avoir un petit enfant ; dis-moi ce qu’il faut faire pour cela.

— Ce n’est pas bien difficile, répondit la sorcière ; voici un grain d’orge qui n’est pas de la nature de celle qui croît dans les champs du paysan ou que mangent les poules. Mets-le dans un pot de fleurs, et tu verras.

— Merci, » dit la femme, en donnant douze sous à la sorcière. Puis elle rentra chez elle et planta le grain d’orge.

Bientôt elle vit sortir de la terre une grande belle fleur ressemblant à une tulipe, mais encore en bouton.

« Quelle jolie fleur ! » dit la femme en déposant un baiser sur ces feuilles rouges et jaunes ; et au même instant la fleur s’ouvrit avec un grand bruit. On voyait maintenant que c’était une vraie tulipe ; mais dans l’intérieur, sur le fond vert, était assise une toute petite fille, fine et charmante, haute d’un pouce tout au plus. Aussi on l’appela la petite Poucette.

Faut-il voir dans le grain d’orge une métaphore de l’embryon congelé? Je ne sais guère (et je m’en tape le cul parterre, hahaha, ça rime,pas vrai que je suis un putain de poète?)

Bon, vous me direz, la mère de Poucette est pas vraiment infertile, elle est surtout un peu con. Franchement, je serais même pour qu’on se cotise pour lui offrir le guide du zizi sexuel (ou un abonnement à canal + avec recommandation spéciale pour le programme du premier samedi du mois), ça la dégourdirait un peu. Parce qu’en plus, ça a l’air d’être une grosse victime, prête à se faire niquer arnaquer par la première sorcière venue avec un enfant pas aux normes, puisque je vous rappelle que Poucette n’est pas plus haute qu’un pouce, mais que la mère ça la choque pas plus que ça, mais passons.

Technique n°2: la grossesse miraculeuse

Voici le début de La Belle au bois dormant de Charles Perrault, publié en 1695 (enfin je crois):

Il était une fois un Roi et une Reine qui étaient si fâchés de n’avoir point d’enfants, si fâchés qu’on ne saurait dire. Ils allèrent à toutes les eaux du monde, vœux, pèlerinages, menues dévotions ; tout fut mis en œuvre, et rien n’y faisait.

Enfin pourtant la Reine devint grosse, et accoucha d’une fille : on fit un beau Baptême ; on donna pour Marraines à la petite Princesse toutes les Fées qu’on pût trouver dans le Pays (il s’en trouva sept), afin que chacune d’elles lui faisant un don, comme c’était la coutume des Fées en ce temps-là, la Princesse eût par ce moyen toutes les perfections imaginables.

tu m’étonnes qu’ils font la gueule les parents, à pas y arriver. Alors j’en avais déjà parlé, mais sérieux, je me sens quand même super proche de ce conte. Parce que cette histoire de pélerinage, autant avant je trouvais ça un peu abusé les gens crédules comme ça, autant maintenant que je suis devenue putain de superstitieuse, je me dis que si Lourdes était pas si loin, y a longtemps que je serais allée y faire un tour. D’ailleurs je comprends pas trop bien le début du conte, quand Perrault dit que les pèlerinages ne servent à rien, mais que la reine tombe quand même enceinte: ils ont quand même bien dû servir à quelque chose, bordel à queue, du coup je vais garder ma bague en trèfle, mon bracelet en trèfle, et je vous ferai même voir que je me suis rendu compte que sur mon cahier de travail aussi il y a plein de trèfles, ce qui est forcément le signe que je vais tomber enceinte très bientôt, ou pas, mais tant pis, c’est le destin mes amis (vous avez vu comment je suis devenue fataliste? C’est pas classe?)

Ceci est ma participation miteuse aux vendredis intellos de Madame Déjantée.

L’AMP pour les autres

Hier, bien entendu, j’ai regardé Enquête de santé spécial AMP. Faut dire que chez nous les Faithful, on a attendu cette émission comme si c’était le père Noël qui allait passer. J’ai appelé toute ma famille pour les obliger à regarder, un peu comme si c’était mon passage à l’école des fans quoi. Et puis bon, j’ai dis à ma mère que ça lui éviterait peut-être de dire des conneries à l’avenir donc qu’elle avait intéret à regarder ce truc. Et puis c’est un peu notre Babyboom à nous, les gens stériles (un Babyboom avec pas trop de bébés, mais plus d’embryons que vous n’en verrez jamais).

Bon, l’article va probablement être long, j’ai plein de trucs à dire.

A commencer par Michel Cymes je t'aime, épouse-moi. Mon mari aussi t'aime et veut t'épouser d'ailleurs.

I. On a l’AMP qu’on mérite

J’aime bien commencer par un titre méchant. Parce que personnellement, ça m’a un peu choqué le couple qu’ils ont choisi de suivre, je me sens pas trop représenté par lui. Nan mais la nana, c’est quoi cette hystérique putain? C’est étonnant qu’elle ait pas saigné du nez pendant le reportage tellement elle s’énervait à se faire péter un vaisseau pour le moindre truc: “Faire des enfants comme ça c’est pas normal, ça m’énerve”, “faire une ponction ça me fait chier”, “j’ai pas d’embryon putain la rage” (bon, ça je comprends, j’aurais pas d’embryons je me mettrais à pleurer dans un coin recroquevillée en position foetale et j’hibernerais pendant une longue saison) Mais sérieux, si on n’y croit pas à l’MAP, faut pas y aller. Je me verrais mal avoir un gamin comme ça et lui dire “C’est quand même pas normal la façon dont tu as été conçu”. Dans ce cas-là, autant lui dire direct que c’est pas normal qu’il soit né, parce que selon la nature il aurait jamais dû voir le jour. Bref.

J’ai déjà dit que je ne considérais pas que les FIV étaient un combat. Bon, c’est mon point de vue, et tout le monde le partage pas, chacun son truc. Mais sérieux, pour qu’il y ait un combat, il faut se dire qu’on peut en sortir perdant. Moi je ne peux que gagner au jeu des FIV. Si ça ne fonctionne pas, je ne perds rien, je reste au même point c’est tout. Je ne combats pas la nature, la nature est comme elle est, elle ne fait pas les choses dans le but de me faire chier, c’est juste comme ça. A la limite, je me combats moi-même pour ne pas perdre mes papiers, et ne pas oublier de prendre mes médicaments, et c’est tout. Mais autrement, l’AMP c’est avant tout une chance immense qui nous est offerte, sans laquelle on ne peut que plier l’échine devant la force des choses et se résigner à ne pas avoir d’enfant par soi-même. Les FIV pour moi, c’est beaucoup d’espoir, et l’espoir c’est du bonheur. Ok, je dis pas ça quand je me prends une prise de sang négative dans la gueule, mais n’empêche que. A chaque début de traitement, je suis excitée comme une puce (nan, pas sexuellement, arrêtez vos sous malentendus tout de suite) parce que je me dis que quoi qu’il arrive, on a quand mêmeplus de chance avec que sans, alors je vais pas perdre mon énergie et ma bonne humeur à me dire que “Oulala, comme je suis malheureuse de faire des fiv”. Je suis ravie d’en faire, il y a des pays où une FIV coûte au moins 5000€ et où c’est payant de se voir proposer cette chance d’avoir un enfant.

II. Hôpital de Sèvres, béni sois-tu entre tous les hôpitaux!

Parait-il d’ailleurs qu’en France on a moins de résultats parce qu’on a du matériel soviétique qui fonctionne encore à la vapeur. Bah faut voir où ils ont choisi d’aller aussi.

L’hôpital du reportage était celui de Nice, ou celui de Saint-Vincent-de-Paul, tous deux établissements publics. MAIS PUTAIN, C’EST QUOI CES HOPITAUX DE MERDE? Alors voir l’hôpital de Nice, ça m’a direct cassé l’envie d’aller habiter dans le Sud, j’aime autant vous le dire. Déjà, la ponction sous anesthésie locale, je préfère crever. Je ne veux pas qu’on me transperce l’utérus et les trompes avec une seringue, sachant qu’à moins d’avoir une péridurale, on ne peut jamais vraiment anesthésier ces petits coins là. A Sèvres, on a une anesthésie générale d’office.

Et les médecins qui disent que la FIV IMSI est très rare, et qui se permettent de faire payer un surplus à leurs patients, nan mais ça sort de quel trou du cul ça? A Sèvres on est traité en IMSI, sans avoir rien à repayer en plus, c’est même eux qui nous l’ont proposé pour toutes les FIV qui nous restent!

Et puis je passe sur la salle de réveil de ponction à cinq lits, nan mais une balle dans la tête quoi. Pour peu qu’on tombe sur quatre bonnes femmes aussi énervées que celle du début, c’est bon, mes embryons risquent d’être bien trop angoissé pour vouloir découvrir un monde pareil!

III. Mais y avait quand même des trucs bien

Par exemple, le fait qu’aucun des couples ne réussissent. Ouais, c’est pas facile la fiv, ça marche pas ,à tous les coups. Là au moins, on n’a pas eu droit à la fille qui tombe miraculeusement enceinte avant le traitement, parce que c’est bien connu que ça arrive surtout aux autres ce truc.  C’était bien aussi d’expliquer à un moment que non, les hôpitaux français ne périclitent pas, les taux ne sont juste pas toujours calculés de la même façon qu’ailleurs, et que de toute façon c’est plus facile d’avoir des grossesses quand on ne limite pas le nombre d’embryons transférés.

Je ne vous cacherai pas que j’ai quand même failli saigner moi aussi du nez et pleurer des larmes de sang en insultant la télé quand le journaliste de ma bite a commencé à justifier l’augmentation des couples suivis en AMP par l’âge moyen des femmes à l’arrêt de la pilule. Là j’ai juste eu envie de dire connard. C’est vrai, c’est pas comme si tous les médecins s’accordaient à dire qu’il y a depuis quelques années une augmentation importante des infertilités d’origine masculine, sans qu’ils ne sachent l’exprimer. Bah non. C’est forcément les femmes bien entendu.

C’est dommage aussi d’avoir montré surtout les dangers de l”infertilité et d’avoir passé toute l’émission à montrer les cas les plus déprimants de France. Oui, je sais, ça existe aussi, mais on en oublierait presque que la majorité des couples qui ont des enfants par ce biais là, ce sont quand même des belles histoires, et ça, ça n’a été qu’évoqué, je trouve ça un peu regrettable.

Bon, en espérant que si vous l’avez regardé, vous avez appris des choses (sinon vous pouvez encore le voir ici) et que ma mère ne me fera plus chier avec ses réflexions à la con!

Une fan de Céline Dion

Y a des jours comme ça, où je dois vraiment me prendre la tête pour trouver un sujet de billet à peu près intéressant. Alors après m’être demandé si j’allais parler de cet article qui remet en cause l’intérêt de la prescritpion d’aspegic après le transfert (oui, je suis assez complexée qu’on ne m’en ait jamais prescrit, du coup grâce à cet article je suis rassurée), ou si j’allais vous expliquer pendant tout un billet que puisque je suis actuellement en période de ménopause artificielle grâce à ma piqûre de decapeptyl d’il y a dix jours (ouais, ce traitement mytho quoi, je me sens même pas suivie, prochain contrôle par écho et prise de sang lundi, je vous le rappelle quand même) j’ai quand même en continue des pertes blanchâtres super glam’s qui viennet me squatter le slip en continue, j’ai pensé vous livrer l’article que je compte livrer à aubergine divine pour son blog rigolo et philosophique mais vu qu’aujourd’hui elle est pas d’humeur je me suis abstenue. J’ai même pensé vous dire que j’allais faire un nul blog de chats pour exprimer tout le kawai qui pourrit mon coeur, mais finalement, j’ai pas trop envie que vous connaissiez cet aspect de moi, alors je l’ai pas fait.

 

Et me voila donc, devant vous, en me disant qu’il est grand temps que je vous explique pourquoi j’aime Céline Dion. Non aucune émission de Confession Intime ne m’a (encore) été consacrée.  Céline Dion la chanteuse, je m’en bats un peu les couilles si je puis me permettre. Il n’en reste pas moins que c’est quelqu’un que j’admire profondément.

Sérieux, c’est pas hyper louche toutes ces stars américaines qui ont des jumeaux lors de gros.sesses tardives (genre que 36 ans, c’est trop leur prime jeunesse quoi)? Et que tout le monde fasse des sourires et dise “Ah nan, c’est arrivé comme a, hihihi!”

Céline Dion c’est quand même une des premières à avoir dit: je fais un fiv parce que je ne peux pas avoir d’enfant, et à avoir expliqué en quoi ça consistait.

Alors de deux choses l’une, déjà, quand on apprend qu’on va passer par là, on se sent un peu super seul, genre putain, pourquoi les gens ils y arrivent et pas moi, pourquoi je suis la seule, toussa, je dois vraiment pas être normale. Bon, perso, je suis à peu près sûre de pas être normale, mais c’est pas une histoire de fertilité.

Deuxièmement, moi, déjà, qui vous parle et qui prêche la parole fivesque depuis bientôt un an, je le dis pas à tout le monde autour de moi. Parce que les gens curieux, qui veulent juste faire semblant d’avoir pitié pour mieux bitcher, ça me soule. Céline Dion, elle en a encore plus des gens comme ça, et elle s’en bat la race, elle dit ce qui est. Je trouve ça d’autant plus courageux que je trouve ça important de dire ça autour de soit, pour le banaliser, que les gens stériles comme moi se sentent un peu moins isolés et mis à l’écart, que les autres comprennent que c’est une situation difficile, et je le fais pas.

Troisièmement (comment ça j’avais dit deux choses?) elle donne des détails sur la procédure, elle renseigne, elle informe, c’est bien.

Et pour le fait d’avoir donner cette image de la fiv, je la remercierai jamais assez.

Bon, essayez d’imaginer la même video sans les musiques relou pour donner plus de drama à l’interview, je trouve quand même super qu’une personnalité parle de ça et comme ça, avec des mots que je trouve très vrai:

Et j’assume pas du tout de dire que ce documentaire m’émeut. Ouais, comme un émeu pareil.

Un bon moyen de me faire des thunes

Y a quand même des métiers des fois, où je me dis que c’est un putain de foutage de gueule. Comme dame pipi, ou community manager… ou Fertility coach. Ouais, je connais pas le nom français, désolée, je suis so much in the jetlag you know, it’s amazing, ahahahah, ou alors juste ça existe pas en France je crois. Enfin j’espère.

Donc dans cette interview [attention les yeux c'est in inglish], Janet Chadwick  nous explique comment elle se fout bien de la gueule du monde en se faisant du blé sur la misère de connards complètement assistés en quoi consiste son métier de coach de la fertilité:

Je travaille avec des individus ou des couples qui veulent s’assurer qu’ils prêtent bien assez attention à leur santé émotionnelle et relationnelle [ouais je traduis comme je peux et je vous merde] lors de ce moment de stress intense qui suit le diagnostique d’infertilité.

Comme un psy quoi, mais en plus cher, et qui se contente de répéter ce que dirait un bon bouquin de développement personnel acheté 15.95€ à la fnac (je vous ai déjà dit que je conchie les bouquins de développement personnel?)

J’aide ces gens à regagner un équilibre lors de ces situations oppressantes afin qu’ils puissent se concentrer sur le résultat final.

Putain, je veux engager cette meuf, parce que franchement, là, je vois bien que je me disperse, je suis pas assez concentrée, je blogue, je vais travailler, je bitch sur les femmes enceintes, c’est naze. Alors qu’avec elle, je pourrais me dire “Mais putain, ne pas pouvoir avoir d’enfant, c’est pas grave. C’est même un peu glam’s. Je suis contente en fait.” Sauf que je pourrais plus me concentrer sur le résultat final après ça, mais c’est pas grave.

Faut dire qu’elle est peut-être très sympa Janet, mais elle est pas aidée par la journaliste qui lui pose des questions un peu concons:

J’ai l’impression que le coaching de la fertilité se développe de plus en plus, mais sans être régulé et encadré par de véritables cadres professionnels: comment quelqu’un peut-il être sûr de choisir un coach fiable?

Déjà, je dirais qu’on voit de plus en plus se développer des coach tout court. Genre des coach pour savoir comment t’habiller, pour savoir comment draguer les meufs… Je sais pas, je suis peut-être con, hein, vous me direz ce que vous en pensez, mais je crois que c’est avant tout un effet de mode. Nan mais chais pas, hein, je dis peut-être des conneries! Après, il me semble que vu que le coach propose avant tout un soutien psychologique, en fait, si on voulait choisir un coach mais de manière fiable et encadrée, on irait voir, euh… un psy? Ouais? Nan? Mais je dis ça comme ça hein!

Bon, à cette question, Janet nous explique en gros que, mais si, y a des trucs là, des fédérations, ouais, comme pour le judo ou le squash, pareil, mais pour les coach quoi. Et puis que bon, être coach, c’est quand même un don avant tout et que beaucoup de gens estiment que c’est la vie qui les a rendu aptes à coacher les autres. Janet elle nous dit aussi, pour qu’on puisse choisir un bon coach, que les qualités qu’elle trouve les plus importantes sont la compatibilité avec le client, l’habitude et le sens des responsabilité. Ok. J’aurais pas dit ça. Mais je suis pas coach en même temps. J’aurais dit: une formation en psychologie, des connaissances solides en infertilité. Ouais et la compatibilité mais c’est pas une qualité ça (mais bon, je lui pardonne à Janet, elle a peut-être aussi été un peu prise de court), mais le minimum c’est quand même de bien s’entendre avec le client à qui on va expliquer que “Oh, tu sais, tu ne devrais pas traiter ta femme de connasse stérile, elle ressent peut-être déjà une frustration, il faut la traiter avec gentillesse pour l’accompagner” ou encore “Vous pouvez parfaitement ressentir de l’amertume du fait de ne pas avoir d’enfants depuis 8 ans d’essais, mais aller chier sur le pallier de votre voisine qui vient de tomber enceinte à 14 ans ne vous soulagera que d’une manière très éphémère [ceci dit, je suis sûre que même l'éphémère est bon à prendre]“.

Bon, l’interview (de trois questions, mais que voulez-vous demander à un “coach de la fertilité” à part “mais putain à quoi tu sers”?) se termine en demandant à Janet quel conseil elle donnerait “aux femmes ou aux couples (oui, les hommes n’ont pas besoin de conseils apparemment, les hommes s’en tapent le cul par terre de l’infertilité, ils préfèrent boire des bières devant les Simpson’s) qui luttent pour concevoir un enfant?” Et je vous livre avec quel plaisir le bon conseil de Janet:

C’est vous qui avez le contrôle des docteurs que vous choisissez, des traitements que vous allez prendre et de la façon dont vous allez gérer vos combats [merci Janet, je savais pas, heureusement que tu es là pour me dire que je vais me démerder toute seule en fait]. Les choses peuvent paraître très impressionnantes parfois, mais je vous invite à être curieux au sujet de votre corps, de vos traitements (et de leurs effets) ainsi que de vos propres besoins [en effet, aujourd'hui je ne travaille pas, je vais être curieuse envers moi-même pour réfléchir à mes propres besoins, c'est une bonne idée. Je vais encore me faire traiter de faignasse avec ça vous allez voir.] Si vous n’êtes pas sûre savoir pourquoi on vous a prescrit un médicament, posez la question aux médecins, non parce que vous n’avez pas confiance en leur savoir, mais parce que vous avez le droit de comprendre ce qui touche à votre corps.

Merci Janet, merci beaucoup, tu t’es pas du tout foutu de notre gueule là.

Alors maintenant, le prochain qui rigole à mes blagues sur la fertilité ou sur les femmes enceintes, je le préviens, c’est 20€. Sinon je vous envoie le sur-coach: ma mère

En effet, le mot "coach" me fait automatiquement penser à Cristina Cordula

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 528 followers