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Archives de la Catégorie la fertilité pour les nuls

35 sa : Je pensais que je lui en voudrais

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Bon, vu que je passe déjà suffisamment pour la fille aigrie qui supporte personne et qui en veut au monde entier, je pense que je peux maintenant dire tout ce que je veux sans que plus personne soit choqué. En même temps ils me font rigoler les gens qui viennent me mettre en commentaire “Han, comment c’est pas bien de penser comme ça, t’es trop une mauvaise personne”. Bon peut-être hein, mais ça existe en vrai les gens qui pensent exactement ce qu’il faut avec le recul nécessaire dans chaque situation? Qui sont jamais jaloux, ou énervés, ou injustes? Si c’est le cas tant mieux pour eux, moi ça va, j’ai appris à me démerder avec mes sentiments honteux.

Pendant les trois ans que j’ai passés à attendre de voir si j’allais avoir un bébé un jour ou jamais, j’ai toujours pensé que je pourrais pas m’empêcher de lui en vouloir à mon enfant, de s’être fait si long.Ouais c’est dégueulasse je sais, mais ça se décide pas, enfin pas chez moi. J’avais même préparé une liste de châtiments comme lui donner un prénom pourri horrible de la mort, lui souhaiter des méga chtars sur la gueule à 13 ans, le priver de console jusqu’à ce qu’il aille travailler à 12 ans s’il veut se payer un truc.

Bah en fait rien du tout. Je vous sens rassurés là. Ouais mmoi aussi en même temps. Mais non seulement je lui en veux pas du tout, mais en plus, presque je lui en serais reconnaissante quoi. Comme quoi les hormones ça vous fait perdre la boule.

Déjà, ce bébé, il m’a appris un truc super important dans la vie, c’est qu’on n’a que très peu de contrôle sur les choses. On a l’impression de pouvoir décider de plein de trucs par nous mêmes, de pouvoir les faire arriver quand on veut, de pouvoir prévoir. Bah des clous mes petits amis. Bon, y en a qui ont de la chance et qui font des bébés quand ils veulent. C’est balaise comme chance je sais. C’est peut-être pas grand chose à côté, mais moi au moins, je sais que même si ça peut te donner l’illusion que c’est toi qui décide de tout dans le monde, c’est pas vrai. Il y a quand même une sacrée part de ta vie qui est vouée au hasard, à la chance, à la malchance, au vaudou, à ce que tu veux, et tu n’y peux juste rien. Et tu peux pas vraiment lutter. Ce bébé, il m’a appris à faire un peu le dos rond dans la vie quoi, et à me rendre compte qu’il y a des trucs, on peut pas vraiment aller contre, que y a des trucs, c’est écrit, c’est tout, on a une marge de manoeuvre assez réduite.

En plus avant, j’étais un peu une grosse connasse. Bon toujours ok. Mais avant pire. Mais il est temps de l’avouer. Avant, je pensais que chacun fait ce qu’il veut, mais que si la nature a décidé que t’étais infertile, c’était peut-être qu’il y avait une logique à respecter là dedans, et qu’il valait mieux adopter. Ahahahahahahahahahahahaha. Bah ouais c’est quand même pas compliqué d’attendre 10 ans avant d’avoir un enfant après avoir passé des entretiens avec des assistantes sociales qui vous pètent les couilles, et toutes les autres merveilles de l’adoption, c’est très simple en fait!
Genre avant j’étais du genre à penser que ces gens-là, ça devait être dans la tête tu vois, attends, ils doivent pas vraiment les vouloir leurs gosses, c’est quand même pas compliqué à fabriquer. Ouais vous inquiétez pas au bout de six mois d’essais infructueux j’avais changé d’avis hein.

M’enfin bon. Tout ça pour dire qu’en fin de compte, je lui en veux pas du tout à mon Zed. Même je lui suis reconnaissante. Parce que malgré moi il m’a rendu une personne meilleure. Si si je vous jure, on peut détester les femmes enceintes (d’ailleurs je déteste le concept, mais les gens enceintes que je connais je les déteste pas si ça peut vous rassurer) et déblatérer sur les gens fertiles, et se sentir une personne mieux. Ouais. J’aime bien trouver des trucs positifs dans mes merdes (trainspottingoù le type plonge dans la cuvette des chiottes pour aller chercher ses pilules de drogue tombées au milieu de ses étrons. Je ne fais pas ça, jamais)

Je vous en sers du cul-cul la praline en ce moment hein? Je m’autodégoute avec mes billets des fois, on dirait du nutella chaud tellement c’est écoeurant, mais allez, courage après tout, il parait que l’imprégnation hormonale vit ses dernières semaines! allez, je vous mets un blingee pour la peine:

34 sa – La méthode dolto appliquée à mon périnée

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J’ai une copine de ma mère qui me dit souvent “Tu vois, c’est SUPER important de connaitre son corps. Moi je connais trop bien mon corps c’est bien, comme ça quand je pars en vacances, je prends toujours ma tisane parce que je sais que je vais être constipée. Parce que je connais mon corps”.
La copine de ma mère, elle a bien raison, quand on part en vacances on devient facilement constipé, c’est important de connaitre son corps. on rigole on rigole, mais on le dira jamais assez, c’est quand même bien malheureux les gens qui sont dégoûté par leur propre dedans et qui font la grimace dès qu’on leur parle d’aller toucher un truc qui se trouve dans un recoin un peu caché.

Ca fait à peu près six mois que je trépigne en attendant le moment du massage du périnée. Je croyais qu’il fallait le commencer à 34 sa, en fait dans la brochure, ils parle de 34 sg. Rien à foutre, ils disent qu’on peut le pratiquer dès le début du huitième mois, j’y suis largement, roulez jeunesse.


Bon déjà, quand vous voyez la photo de la dame dans la brochure Wéléda, on voit bien que ça a l’air TRES sympa le massage du périnée. Même que ça en paraitrait un peu suspect. Bon en fait c’est rigolo, mais pas si agréable que ça. Et pourtant je pense que j’étais quand même assez détendue hein. En fait, ça consiste avec une huile neutre, ou avec l’huile de wéléda si comme moi vous êtes rien qu’une victime de la société de consommation qui sait même pas ce que veut dire une huile neutre à appuyer (pas comme une dingue hein, soyez gentilles avec vous même quand même, vous faites pas mal) sur votre périnée pour accroitre sa souplesse. Perso, ayant pas spécialement envie de me faire découper la chatte en plus du reste le jour de l’expulsion (ça fait un peu camp de rom cette expression, j’aime bien), j’aimerais autant que mon périnée apprenne à être souple comme Nadia Comaneci à sa grande époque tu vois, ce serait lpus sympa pour tout le monde.

Hier soir après cette première séance, je me suis levée pour aller faire pipi (et aussi une vingtaine autre fois dans la nuit mais passons). Et là m’ont périnée m’a fait douiller. Genre il m’a dit “Mais pourquoi tu m’as fait ça! Tu vois bien que je suis pas fait pour m’écarter comme ça, c’est quoi ce nouveau délire!” Et là j’ai eu une vague, très vague idée de ce qu’on pouvait ressentir qu’on on venait de faire passer par là un truc d’au moins trois kilos. Le périnée doit pas aimer ce genre de surprise. Je suis contente d’avoir pris de l’avance pour pouvoir lui expliquer comment les choses vont se passer, et pour pouvoir le préparer psychologiquement et physiquement.

Le guide de wéléda en ligne si ça vous dit: >> http://www.weleda-bebe.fr/fr/nos-conseils/pour-maman/index.html

33 sa – Mon dieu mon dieu

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Plus qu’une semaine avant le massage du périnée les amis, j’ai hâte, j’attends ça depuis des mois!

J’ai une pensée un peu émue pour ma cops du blog Pour mieux attendre, parce que sûrement je n’aurais pas le temps de répondre à son commentaire autrement qu’ici, dans lequel elle me signale que c’est à ce terme que son nées ses magnifiques et joufflues petites (et croyez-moi, je les ai vues de mes yeux, elles sont splendides en vrai aussi!) J’avoue que je me rendais pas compte que c’était si tôt en fait, 33 sa, parce que jusqu’à aujourd’hui ça me paraissait très lointain.

Aussi lointain que mon pubis je dois dire. C’est comme mon blog lui: ça fait un moment que je l’ai pas vu. Sérieux, j’ai laissé tombé toute interaction esthétique avec lui de toute façon j’ai prévenu le mari: si t’es pas content t’as qu’à lui refaire une beauté toi-ême moi j’abandonnc lui, pardon vagin hein, m’en veux pas, mais c’est juste devenu trop compliqué cette histoire d’épilation. Mais puisqu’on se donne rendez-vous dans une semaine pour le massage du périnée, on devrait quand même avoir encore à faire ensemble.

D’habitude, je suis une putain de feignasse de la mort, capable de larver sur le canapé toute la journée et de laisser s’accumuler tout un bordel incroyable autour d’elle. Oui. Mais c’était sans compter sur ce putain de syndrome de nidification de la femme enceinte, qui couplé à un emménagement donne un truc de ouf, qui me rend une fée du logis au bord de l’épuisement du matin au soir. Je crois que ce soir, je me suis rendu compte que c’était le moment de dire stop en fait. A partir de demain, ce serait cool que je redevienne la vraie moi qui en fout pas une rame.

Malgré ça, j’attends toujours le moment où je vais commencer à trouver ça tout pourri d’être enceinte. Je crois que ça n’arrivera jamais. bon, effectivement, depuis deux ou trois semaines, je commence à me dire que si ça se trouve il est très sympa ce bébé et que j’aimerais bien le connaitre. En même temps, j’ai pas super envie de le sortir de mon ventre. Attention conparaison qui pique les yeux et le cerveau et qui spoile la fin de Twilight à venir:

Je me sens comme Bella quand elle est un vampire et qu’elle découvre que son pouvoir c’est d’avoir une sorte de toile protectrice à étendre autour des gens qu’elle aime. bon bah on va dire que dans ma vie j’aime que mon bébé, mais que de l’avoir dans la peau, je trouve ça assez génial, et je suis pas super jouasse de me dire que ça va s’arrêter à un moment.

Ouais j’ai lu les quatre tomes de Twilight soit- dit en passant. Des fois je fais des trucs qui foutent vraiment la honte, mais j’assume.

33 sa. Nan mais ce truc de dingue. Chaque mardi j’ai l’impression d’écrire vraiment des chiffres de ouf. Vous vous rendez compte qu’il reste qu’un mois avant que Zed ne soit démoulable? Et qu’il a une chambre pleine de cartons dont il faut encore refaire la peinture, et que j’ai toujours qu’une très vague idée de ce que je suis supposée lui acheter pour lui voiler le cul pendant ses premiers jours de vie?

Il y a quelques semaines d’ailleurs j’ai une amie qui a rêvé que j’étais enceinte d’une portée de chatons d’ailleurs.

 

J’en ai marre (ce billet est un billet de connasse)

Ce billet est un billet de dépressif, je vous préviens tout de suite.J’en peux plus de ce temps pourri, j’en peux plus de vivre entre deux appart en bordel total et de pas savoir quand est-ce que ce sera fini, et attention, phrase de salope suprême: j’en ai marre de rester chez moi au lit juste parce qu’il pleut. Faut vraiment que je me prenne par la main, que je me foute un coup de maquillage et que je sorte un peu (tout à l’heure je crois que j’ai fait peur au facteur étant donné que je lui ai ouvert avec ma frange qui montait en l’air, et mon pyjama composé d’un magnifique short de football américain du temps où mon mari était adolescent et pesait 25kg de plus qu’aujourd’hui, d’un t-shirt troué et transparent à tétons apparents donc, avec un gilet déformé destiné à cacher lesdits tétons).

Et pardessus tout, j’en ai marre, mais alors marre si vous saviez, de cette mode de dire qu’être enceinte c’est trop horrible en fait, qu’on nous a menti tout le temps en nous disant que c’était génial alors qu’en fait la grossesse c’est du méga bullshit.

Alors déjà, quand je suis tombée enceinte, personne ne m’a dit “han lala tu vas kiffer la vibes” ou comme apparemment c’est le cas pour tout le reste du monde “tu vas voir c’est que du bonheur”. On m’a dit “T’as des nausées? Nan? Bah ça viendra tu verras, moi j’ai vomi pendant cinq mois / un an / toute ma vie, c’était horrible”. “T’es pas trop gênée par les odeurs? Ca va venir tu verras”. “T’as pas peur d’accoucher? Mwahahahahahahaha, tu te rends pas compte c’est horrible.” “Tu sais qu’après quand le bébé sera né tu vas passer trois semaines horribles au minimum. En plus tu feras plus jamais l’amour avec ton mari parce que ta chatte sera complètement en vrac. Et si tu te sens en forme et que tu le fais ce sera peut-être trop tôt et ton vagin restera élargi à tout jamais.” Les gens qui pensaient en tombant enceinte que c’était la croisière à thème les bisounours vont manger des guimauves, ça doit être les même que ceux qui te racontent que leur cousine est tombée enceinte quand elle a eu son agrément d’adoption et qu’ils sont sûrs que tu vas tomber enceinte par miracle parce que c’est dans la tête, et heureusement ces gens sont pas si nombreux que ça.

Donc ces gens à qui on a présenté la grossesse comme “c’est que du bonheur”, j’aimerais bien qu’elles m’indiquent un peu dans quel monde elles vivent, parce que je veux y aller aussi. La dernière fois j’ai croisé un ancien voisin à moi, qui a l’âge de mes parents, qui a vu mon ventre et donc découvert ma grossesse en même temps. Il m’a pris par l’épaule et m’a dit en me regardant droit dans les yeux avec un air compatissant (je vous jure que c’est vrai): “Du courage, hein, du courage ma petite”. Avec ça les gens qui me demandent tout le temps si mon ventre n’est pas trop lourd.

Alors ok, la grossitude, des fois y a des petits côtés relou. Genre en début de semaine j’ai failli décéder de brûlures d’estomac. Je suis lente dans ce que je fais. Si je fais la vaisselle là effectivement, je me sens un peu lourde. Mais bon, c’est la vie aussi hein, y a quand même (parait-il) un bébé entier dans mon ventre quoi, tout peut pas être magique dans le forfait. Et puis j’ai de la chance: j’ai la sauce, je suis pas spécialement indisposée par quoi que ce soit, donc peut-être que c’est facile de se réjouir quand on porte son bébé dans de bonnes conditions.

Mais n’empêche.Putain j’en ai marre des gens qui porte leur enfant comme s’ils avaient un camp de roms sauvage dans le bide, en disant qu’ils se retrouvent plus, que finalement, le bébé les dérange quoi, que ce sera mieux quand il sera dehors, comme si sa vraie place les neuf premiers mois n’était pas à l’intérieur. Alors attention, je dis pas que tout le monde doit être comme moi une ravie de la crêche de la grossesse et trouver que tout est merveilleux et fantastique au-mon-dieu-je-suis-enceinte-je-voudrais-que-ça-dure-toute-ma-vie. Poit du tout. Je comprends maintenant (enfin j’essaye) que des gens n’aiment pas être enceinte. Bon. Mais de là à dire des trucs comme “j’aime pas avoir ce truc dans mon ventre”, y a un monde quand même.

Alors je sais pas, peut-être que ça me rend un peu aigrie d’être enceinte et enfermée chez moi pour cause de pluie battante d’avoir mis trois ans à tomber enceinte et de connaitre encore des tas de gens qui se trouent le bide aux hormones pour connaitre la grossesse, et d’autres encore qui sont passés à d’autres voies pour avoir leur bébé, après avoir tellement voulu connaitre tous ces désagréments de la grossesse. Mais ceci est un billet de connasse où je dis ce que je veux de façon tout à fait partiale et non argumentée, et puis c’est mon blog je dis qu’est-ce que je veux alors voila.

Mais si vous aimez les gens mesurés et qui écrivent des belles choses sans s’énerver, vous pouvez aller voir par ici, c’est pas faux non plus.

31 sa – Ce moment gênant

Le mardi souvent, c’est haptonomie. J’aime bien, je suis super contente d’avoir choisi cette préparation à l’acouchement. Enfin, à l’accouchement, façon de parler, puisque j’ai du mal à croire que je vais accoucher à un moment, je pense que c’est plutôt une grosse blague et qu’un jour je vais maigrir tout d’un coup et qu’on ira chercher un bébé de derrière les fagots en faisant croire qu’il est sorti d’entre mes cuisses.

Mon haptothérapeute, je la trouve super chouette. Elle est juste hippie comme il faut. Elle me dit pas trop de trucs complétements barrés et ésotériques, la plupart du temps je comprends bien où elle veut en venir (et des fois je comprends que dalle, je la vois faire des trucs avec ses mains sur mon ventre, je pige rien, mais ça marche, alors j’en demande pas plus). Et pourtant, il y a quand même des moments gênants.

Ce moment gênant où le mari a fait une blague super pourrei qui fout la honte et où je lui ai balancé devant le docteur “Nan mais t’es vraiment con toi”.

Ce moment gênant où elle a demandé au mari de s’allonger sur le ventre sur le divan, et où elle a baissé son zlip jusqu’à ec qu’apparaisse sa magnifique raie du cul.

Et surtout ce moment gênant où elle m’a demandé de venir m’assoir sur ses genoux. Putain. Je peux montrer ma chatte sans pitié ni pudeur à tous les docteurs de France et d’Europe, mais là c’est un peu trop pour moi. “Fesse-fouillie, qu’elle m’a dit (parce qu’on s’appelle par nos petits noms chez elle, on est comme chez une maman, sauf qu’on se prend pas de réflexions dans la gueule) est-ce que vous voulez bien venir vous assoir sur mon ventre que je vous montre un exercice?” Là honnêtement, j’ai regardé sa silhouette toute fluette, j’ai pensé à mes 65kg, et je lui ai dit “Je vais vous compresser madame”. Elle m’a répondu “Vous en faites pas, j’en est porté des bien plus grands que vous, même des jumeaux.” Bon bon. Et voila.

L’haptothérapeute est toujours vivante, mais j’ai dû laisser une partie de ma dignité agoniser quelque part dans son cabinet.

hello les gens

Les gens, vous êtes vraiment choupinets et moi je me sens vraiment comme une connasse. Je suis partie une semaine en Bretagne sans rien dire à personne parce que je voulais tester le délire “viens je bloggue quand est-ce que je veux et j me barre sans rien dire”, sachant qu’en plus j’étais persuadée que je me ferai cambrioler mon appart à moitié vide pour cause de déménagement, et complètement dégueulasse si je disais que je n’étais pas là une semaine. Oui je deviens complètement dingo, vous pouvez le dire. Et vous êtes tout plein à vous être inquiétés, c’est trop mignon. Je le referai plus promis, la prochain fois je vous dirai.

Tous les ans, avec ma famille, on part quelques jours au printemps tous ensemble, c’est une idée de ma mère et comme on veut pas la contrarier, et que finalement c’est assez sympa, on la suit, en Normandie ou en Bretagne.

L’an dernier, en Normandie, il avait fait une temps pourri. J’avais passé quatre jours à sentir très lourdement mon ventre vide (oui je suis un poète à mes heures) et je me disais que si ça se trouve je serais éternellement la tata qui a pas d’enfants et qui est un peu frustrée. En plus mes règles revenaient pas, je pouvais pas faire mon TEC, c’était la lose.

Cette année, j’étais toute pleine, du ventre et du cul aussi, la grossesse ça me file un sacré gros boule. C’était bien sympathoche les vacances enceinte.

On est allés passer une après-midi à saint-Malo. Saint-Malo j’y étais déjà allée il y a quelque chose comme deux ans. Genre à une époque où je savais même pas que j’irai en AMP. Mais j’avais mes règles, et j’étais un peu dégoûtée. Ca faisait un an que j’avais arrêté la pilule, je commençais à m’y faire remarquez. je me souviens que pour compenser, je m’étais payée des fringues tiendez.

Alors même si à bien des égards, ce séjour a été un peu fatiguant et stressant, et que je suis quand même soulagée d’être enfin revenue chez moi, pour une fois, ça fait quand même plaisir de mesurer le chemin parcouru…

Maintenant j'ai quand même de bien plus gros nichons...

29 sa – J’ai adoré faire mon enfant

Le truc le plus dégueulasse dans cette histoire d’infertilité, ce qui nous rend jalouse et aigrie, même alors qu’on réussit à tomber enceinte, c’est de se dire qu’on en chie, mais que finalement, un couple qui fait un enfant en quinze jours est souvent aussi heureux de le porter et de le mettre au monde et de le rencontrer, ou au contraire qu’un couple infertile peut aussi trouver que ce délire de grossesse est tout à fait pourri, et trouver qu’enfin de compte, la parentalité, c’était très surfait. En fin de compte, on s’emmerde pendant des mois, des années à souffrir pour avoir notre gosse, et on n’y gagne rien de plus que les autres.

En plus, il y a plein de gens qui trouvent que faire des enfants dans un lit, c’est quand même un délire plus sympa. Qui trouvent que c’est froid, et que le manque d’intimité qu’on rencontre dans les parcours d’AMP c’est désagréable, voire humiliant. Des fois c’est un peu le cas. En même temps, j’ai beaucoup de chance, je pense pas du tout comme ça. Et comme vous savez bien que je suis rien qu’une sale ravie de la crèche heureuse d’un rien, je tenais depuis un petit moment à vous dire toutes ces petites raisons qui font que j’ai adoré faire mon enfant.

Alors vous allez me dire, ok, c’est facile de dire ça quand ça marche à la fin. C’est pas faux. En même temps, faire l’amour pour que ça marche pas à la fin, c’est pas beaucoup plus agréable. J’ai jamais connu une vie sexuelle pire que pendant cette putain d’année 2009 où on a pensé être les seuls responsables de notre incapacité à faire un gosse.

Pour commencer, j’ai adoré traverser la campagne dans le petit matin. L’hiver. Et puis surtout après au printemps. Bon, ça c’est une raison un peu pourrie parce que j’ai pas toujours dit ça, j’étais surtout crevée, et qu’en plus j’ai quand même bien gueulé quand il a fallu y aller un dimanche matin. C’était tout pourri. Mais dans mon souvenir, partir pour les contrôles de fiv, ça ressemble un peu au pays de Candy, pardonnez-moi, le temps a passé vite dans ma mémoire.

Ceci dit j’ai quand même adoré sécher le travail. Et livetwitter la salle d’attente en attendant de passer à la prise de sang et à l’échographie. Et ensuite aller prendre un café chez ma copine et discuter, et espérer ensemble.

J’ai adoré les sages-femmes de l’hôpital. Et le Dr K. Mais les sages-femmes quoi. C’est un plaisir d’avoir fait mon bébé avec elles j’ai envie de dire, tellement elles étaient gentilles, et humaines, et chaleureuses.

Mon bébé, je l’ai peut-être pas fait juste avec mon mari, mais je l’ai fait avec plein de gens supers, dont le magnifique métier consiste à donner des bébés aux gens qui n’y arrivent pas tout seul. Ca se vaut je trouve.

On me dira, j’ai pas ce petit truc magique qui se passe quand après un élan d’amour, le couple fusionne ainsi que l”ovule et le spermatozoide qui se retrouvent, bien au chaud dans la déjà future maman. Bon ok c’est vrai. Mais si on y regarde bien, les élans d’amour sont pas tous magiques déjà voire des fois on se force, comme tout le monde, ou alors on se fait royalement chier en regardant le plafond, ce qui n’empêche heureusement pas de procréer. Et ensuite, sérieux, je trouve rien d’aussi magique que ce début de la vie qui s’est fait hors de moi, et qu’on a remis à l’intérieur plusieurs heures après. Je trouve rien d’aussi miraculeux que mon bébé qui a été conçu il y a maintenant plus d’un an, qui est resté pendant six mois en dehors, dans notre monde à nous, qui a passé ses premières semaines au froid, et puis qui va finalement revenir parmi nous, presque quinze mois après sa création. J’ai peine à croire que faire un bébé dans son lit et le garder neuf mois soit plus beau que de faire mon bébé dans un laboratoire, et de commencer à le porter dans ma tête en sachant qu’il est là, quelque part, arrêté dans le temps, en attendant de le porter dans mon moi-même. Je vous en foutrai du miracle moi, si c’en est pas un je ne sais pas ce qu’il vous faut.

 

Et puis finalement, ce que je gagne, après toutes les fois où la maternité et moi on s’est manquées, toutes ces fois où j’ai chialé dans la chiottes sur ma culotte, ou dans la voiture en regardant des résultats de prise de sang, c’est ce sentiment tellement fort que c’était écrit, que nous étions destinés mon bébé l’un à l’autre, puisque tous ces échecs finalement n’ont servi qu’à une seule chose: à ce que ce soit lui, dans tout ce qu’il a d’unique et de particulier, mon fils, mon Zed, qui finalement soit appelé à devenir mon bébé.

[Et comme je suis déjà une mauvaise mère, j'ai un peu oublié de fêter les un an de mon bébé décongelé, qui a été créé un certain 6  avril de l'année dernière]

28 sa – spirale de la lose VS spirale du shine

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Dans la vie, on a soit tout à fait la lose, soit tout à fait le shine. Quand t’es infertile, t’as la lose grave. Genre les dix plaies d’Egypte à côté, c’est peanuts. Pareil pour les guerres et les famines. La preuve:

- tu arrêtes ta pilule. Tu ne tombes pas enceinte au bout de quinze jours. Ton acné revient. Tu vas voir ton médecin. Il te dit que seules la pilule où une grossesse poeuvent sauver tn magnifique visage de la défiguration,

- tu prends des traitements pour la fertilité. Les traitements font grossir. Tes traitements ratent, tu dois en reprendre, tu regrossis.

- tes amis ont des enfants. Ca te déprime. Tu arrêtes de voir tes amis. Tu deviens seule et encore plus dépressive.

Je pense pas qu’il faille plus d’exemples encore. Enfin sauf si vous en avez.

Et un jour, ça marche, et là tu rentres dans la spirale du shine:

- t’es enceinte. Tu perds quatre kilos mais tes seins prennent deux bonnets.

- T’as plus de boutons. T’es magnifique.

- t’as un bébé: même si tu touches que retraite minable tu pourras toujours squatter chez lui à la fin de ta vie.

Et ouais. Bon après, j’ai une théorie: la spirale de la lose sert à quelque chose. Elle sert à accumuler toute la merde du monde, pour qu’après tu puisses profiter de longues années de tranquilité. Poke la Fille sur qui après l’année 2012, plus aucune maladie ne viendra s’abattre sur elle et sa nombreuse descendance ainsi que sur ses animaux, ni même sur ses plantes vertes. Probablement qu’elle a tellement accumulé là que même ses plantes vertes survivront sans avoir à les arroser et que sa bouffe ne périmera plus. L’infertilité ça sert pas à rien, ça sert juste à accumuler et faire grandir son capital chance pour la suite, en l’économisant. Enfin moi je dis ça, c’est juste parce que sans cette théorie on ne peut pas survivre (et arrêtez un peu de dire que j’exagère, sérieux, c’est même pas vrai) (enfin un tout petit peu).

Pour vous raconter ma vie, parce que c’est quand même mon blog bordel de merde, et dieu sait si j’y raconte pas mal de bullshit en ce moment, donc je continue, j’ai toujours considéré que j’étais quelqu’un qui avait de la chance. Du coup quand un jour tout s’est arrêté, je me suis dit que je venais de me faire entuber bien comme il faut (au début je voulais mettre “enculer”, mais je suis une fille bien élevée quand même). J’ai pas compris. Sérieux, c’est quoi ce bordel, tomber amoureuse d’un type qui fait partie des rares hommes infertiles, faire partie des gens pour qui la première fiv, ni la deuxième ne fonctionne. nan mais ça sort d’où cette lose? Et avec le recul, je me rends compte qu’en fait, la chance m’avait pas tellement quitté:

- j’ai la chance d’avoir épousé un type comme il me faut et d’être un vrai couple solide, et la chance d’avoir pu le vérifier,

- j’ai la chance d’avoir appris la valeur de faire un bébé. Je fais partie des rares personnes au monde qui savent à quel point c’est miraculeux d’y arriver,

- j’ai la chance de faire partie des 40% de gens qui vont ressortir de leur parcours amp avec un bébé. C’est énorme comme chance.

Je m’en tire pas mal sérieux. Je vous en souhaite autant les gens. Et je m’en vais profiter du début de ma spirale de la gagne hein, y a pas de raison.

27 sa – apocalypse

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Apocalypse c’est pas un mot qui fait peur à l’origine. Alors que ça vient juste du grec, et ça désigne un truc dévoila, une révélation  au monde. J’aurais dû me méfier. Pinterest a été mon apocalypse.

Pinterest, c’est un truc un peu sympathoche qui te permet de piner jusqu’au bout de la nuit et de devenir un pineur. Moi je fais rien que de piner grâce à ce site. Sauf que quand tu pines, allez savoir pourquoi, tout le monde le voit sur facebook. Nan mais vous imaginez: tout le monde vous voit piner quoi.

J’étais donc en train de piner bien tranquillement, sans me douter que tout le monde voyait mes pines. Nan parce que sinon j’aurais piner des trucs visibles en sociétés quoi, pas de trucs qui foutent la honte. La honte intersidérale. Des trucs comme ça:

L’aubergine la blagueuse mode en folie a été la première à se foutre de ma gueule. Les autres on tourné la tête de manière gênée (enfin moi c’est ce que j’aurais fait).

27 sa, je crois que ma transformation en niaise est achevée, je vois pas trop ce qui me manque à part aller me pendre avec une bola ou m’étouffer en mangeant des bandeaux de grossesse. Putain fuck. J’ai honte, j’ai l’impression d’être toute nue dans la rue.

Bon, vous avez le droit de vous foutre de ma gueule hein, moi j’aurais eu juste aucune pitié pour vous.

Le désir d’enfant d’après

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Si on me demandait à quoi j’associe le désir d’enfant, je dirais que je l’associe spontanément à quelque chose de douloureux, à une immense frustration, à quelque chose de viscéral, à la nécessité d’en chier à mort. en fait, pour moi, vouloir un enfant, c’est devenu une idée naturellement sous-tendue par la peur de ne jamais pouvoir en avoir, de ne jamais savoir ce que ça fait d’avoir des enfants et d’être un papa ou une maman.

En ce moment, les secondes grossesses fleurissent autour de moi. Je dirais pas tant mieux (n’exagérons pas, je reste une ex-infertile qui se sent menacée par les grossesses des autres, faut pas abuser non plus) mais presque: c’est la vie, c’est plein de bonheur pour les gens qui me sont proches quand même. Et je vois bien que bon, l’annonce d’une deuxième grossesse bah comment vous dire: les gens disent “Ah c’est chouette”, et puis c’est l’occasion de boire un coup, et puis voila en gros.  Déjà ça semble avoir moins de gueule pour tout le monde qu’une première grossesse, même pour les gens normaux quoi.

Moi aussi un jour j’espère, j’aurais une deuxième grossesse. Mais quand je me projette, j’ai du mal à m’imaginer souffrir autant que dans ma quête de la première. J’ai du mal à imaginer que ce sera aussi douloureux pour moi d’essuyer des échecs que pour la première. Plus jamais je n’aurai cette peur au ventre (et c’est bien le cas de le dire) de ne JAMAIS y arriver. Plus jamais je me dirai que je ne serai JAMAIS une maman. Il y aura toujours quelque chose de brisé dans la malédiction. Et du coup, comme pour moi c’est ça, le désir d’enfant, je ne peux pas m’empêcher de me demander: serai-je capable encore de désirer un enfant? Le vouloir, me dire que c’est le moment, que je me verrais bien avec un deuxième, oui, sûrement, mais le vouloir aussi fort que le premier? C’est horrible ce que je vais dire, mais presque par justice pour ce bébé, je voudrais que ce ne soit pas si facile, pour avoir le temps de le vouloir, de le désirer, d’espérer, de l’attendre avec mes tripes en somme, comme j’aurai attendu son grand-frère.

Putain c’est dingue les réflexions torturées que les hormones peuvent m’inspirer.

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