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Archives de la Catégorie L’infertilité pour les nuls

Les pmettes se cachent pour procréer

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Depuis que j’ai ce blog, vous pouvez pas savoir combien j’ai été contactée par des journalistes (ou auto-proclamé ainsi) pour participer à des reportages. J’y peux rien, c’est glamour de faire des fiv, les gens ont envie de regarder ça à la télé, c’est pas le festival de Cannes toute l’année. Ca a été difficile de résister à devenir la nouvelle égérie de W9 ou de nrj 12, moi ai tellement envie de devenir star. Y a aussi des journalistes qui avaient l’air sérieux qui m’ont contactée, mais vous savez bien que si je passe à la télé, toute la France va vouloir me faire l’amour et je suis pas sûre ni pouvoir, ni de vouloir contenter tout le monde.

Bon, et aussi, j’avais pas envie d’être étiquetée “FIV” devant tout le monde. Fardine la Sardine qui est une personne très sage a dit un jour “On va pas se cacher, on n’est pas malades”. Et elle a bien raison quand même. Bon déjà même quand on n’est pas malades on n’a pas à se cacher. Mais genre on n’a rien de honteux quoi. Alors pourquoi c’est pas si facile de relever la tête et d’organiser une inferility pride avec des chars en forme d’embryon et des meufs à poils avec des seringues de gonal piquées dans le bide et d’assumer devant le reste de l’humanité ce qui nous arrive?

Vous me direz, il y en a qui le font, et qui le font très bien. Et puis si on a un entourage con, qu’on lui dise ou pas, des remarques pourries on s’en prendra dans la gueule de toute façon. Même si votre entourage est pas con et cherche juste à vous dire des trucs gentils d’ailleurs .

Pour ma part, je sais que j’avais pas envie qu’on me regarde avec pitié, ou qu’on aille dire derrière moi “Han tu sais Fesse-fouillie et son mari bah ils font des fiv quoi, c’est tellement horrible pour eux les pauvres, en même temps t’as vu, elle bouffe que des pitch, c’est normal que ses ovaires marchent pas bien” (ouais, pour les gens, c’est toujours la fille qui a le problème a priori). Et puis j’avais pas envie de recevoir leurs témoignages de sympathie ni leurs conseils. C’est peut-être pour ça aussi qu’on m’a très peu dit “Tu devrais arrêter d’y penser” ou encore “Moi ma cousine elle a tout essayé et après elle est tombée enceinte juste parce qu’elle a fait un voyage au futuroscope”.

Mais maintenant, bah ça a marché quoi. Les gens auront plus pitié de moi, ils vont juste se dire que c’est facile de faire des fiv. En même temps, si personne ne témoigne (genre je fais un acte pour l’humanité en racontant ma vie quoi, je TEMOIGNE les gens pour nous pauvres infertiles qu’on galère et que personne comprend qu’on supporte plus les femmes enceintes au bout de six mois d’essais et que NON l’adoption n’est pas réservée aux couples infertiles), les gens fertiles, qui s’en tapent largement le cul parterre pour la plupart des difficultés qu’on rencontre (et c’est bien normal, je m’en tapais moi-même le cul parterre mais alors si vous saviez  quel point avant que l’oatserie de mon mari me tombe sur la gueule)  (alors là je sens aussi les hordes de fertiles qui vont me dire “han t’es dégueulasse on se tape tes histoires d’écoulement vaginaux depuis un an et demi et tu nous traite comme ça” ouais je sais, pardon, pardon à vous qui me lisez alors que vous faites des bébés comme vous voulez, je vous aime les gens, je parle des autres, ceux qui s’en foutent, et ils sont nombreux)

Et puis quand on parle, bah ça fait parler les autres. Genre quand j’ai annoncé ma grossesse, une amie de la famille qui essaye depuis trois ans de faire un deuxième m’a confié qu’elle venait juste de faire une fausse-couche suite à son insémination artificielle et que c’était pas facile, mais qu’elle était contente pour moi en tout cas. Quand à table en vacances j’ai déclaré à une copine de ma mère que je faisais mes enfants sans faire l’amour (Vierge Marie 2.0 rappelez-vous toujours…) elle m’a dit “Ah, je crois que ma belle-fille fait les enfants comme toi!” Et puis voila. Et puis les gens, ça les impressionne un peu quand on dit qu’on a fait une fiv pour avoir un bébé. Bon déjà parce que dans la moitié des cas ils savent carrément pas ce que c’est. Moi j’ai un peu de mal à comprendre comment en 2012 on peut ne jamais avoir entendu parler de ça (nan mais attendez, vous n’avez jamais vu le “Tellement vrai” avec le nain et sa femme qui font une fiv avec cette magnifique (et tellement triste voire sordide) scène où ils font leur test de grossesse négatif en direct devant la caméra? ) mais apparemment ça arrive encore. Heureux les gens qui ne savent pas ce qu’est l’AMP après tout, qu’ils restent dans l’ignorance.

Maintenant, je suis prête à répondre à toutes les remarques qu’on peut me faire. Je veux pas que mon fils pense que la façon dont il a été conçue c’est une honte, ou même un secret. C’est juste un peu hors du commun, mais c’est e qui le rend plus précieux encore (oui mon fils est précieux et il n’y a aucun sous-entendu homosexuel dans cette formulation je le connais pas encore suffisamment pour pouvoir dire ça). J’aime bien que les gens sachent à quel point il est miraculeux. Je pourrais même expliquer ce qu’est un embryon congelé, mais des fois je me dis que trop d’information d’un coup, ça leur fait risquer le claquage de cerveau (et que ça me fait devenir chiante aussi, parce que c’est long comme explication quand même).

Même je suis plutôt fière en fait, et j’aime bien parader comme une poule qui a trouvé un couteau, avec mes histoires de fiv devant les gens. Les trucs que je sais, ça fait quand même scientifique quoi merde.

Et puis de toute façon vous faites pas d’illusion: si vous l’avez dit à votre mère, tout le monde le sait déjà

Et vous, vous le dites? Vous le dites pas? Et ça vous apporte quoi?

P.S.: J’ai l’impression que je suis pas très claire dans ce que je dis ces derniers temps? C’est moi ou bien? N’ayez pas peur de me faire pleurer hein, dites la vérité.

Et puis y a des trucs qui changeront jamais

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On dit, le jour où t’es enceinte, t’oublies que t’en as autant chié. c’est pas faux. Enfin t’oublie pas, mais ça te parait dérisoire en fin de compte, comparé au bonheur d’y être arrivé. C’est plus si important.

Et en même temps, en moi, y a un truc qui reste quand même quoi. Y a plein de trucs qui ont changé en moi, dans ma façon de voir les choses, que j’aurais même pas assez d’un billet (ni probablement même d’un blog) pour te les dire. Marquée à vie qu’elle dirait ma copine.

Ceci dit, je crois pas que l’infertilité m’a changé QUE en bien. Genre je suis pas juste devenue une putain de philosophe de la life qui prend maintenant tout avec sérénité. Genre le truc qui ne changera jamais, Fardine la Sardine m’avait prévenue: tu ne supporteras plus jamais les annonces de grossesse. Et c’est vrai.

Désolée mesdames les femmes enceintes, hein, c’est pas contre vous. Enfin si, mais c’est pas votre faute, c’est pas vous c’est moi. bon à la limite ça va, maintenant j’ai évolué. je suis devenue un grand gourou bouddhinien. Avant quand on m’annonçait une grossesse, au choix: j’allais chialer dans les chiottes /je reprenais un – deux- trois apéros / j’allais me mettre au lit. !oui mesdames et messieurs, j’allais me mettre au lit à 13h si j’apprenais la grossesse à midi par exemple. On peut dire que j’avais une hygiène de vie irréprochable.

Maintenant, en général, quand on m’annonce une grossesse, dans ma tête je me dis juste “Pffffffffffffff” (sauf pour certains cas particuliers où je suis même capable d’éprouver quelque chose qui ressemble un peu à du plaisir pour la personne, ce qui implique nécessairement qu’elle se soit fait chier à avoir sa grossesse d’une façon ou d’une autre). J’ai plus envie de pleurer hein. Je me dis juste que c’est affreusement dégueulasse que toutes ces filles qui peuvent tomber enceinte quand elles veulent fassent exprès de tomber enceinte en même temps que moi qui choisit pas. Nan mais en vrai, on pouvait pas bloquer un pauvre créneau de six mois au moins pour que je puisse pavaner un peu seule avec mon ventre?

Dans le délire, ma meilleure amie est tombée enceinte par accident cinq semaines après moi. Alors là c’est pas un “Pfffffff” que j’ai fait. C’est un grand cri d’injustice. J’ai très sérieusement pensé à coupé les ponts avec elle en fait, parce que bon, est-ce que ça vaut vraiment le coup, toussa. Finalement, j’ai vraiment fait un truc de pute: je n’ai fait que lui envoyer des mails. Pour prendre de ses nouvelles hein quand même, et puis parce que bon, ça se voit pas comme ça, mais je suis pas juste aigrie et intolérante: j’ai un vieux fond de raison qui me dit que quand on a une attitude aussi zarbi que la mienne, soit on fait une croix sur sa vie sociale, soit on se prend un peu par la main et on lutte pour continuer d’avoir des relations avec les autres qui en vrai de vrai n’y sont pour rien.

Ouais les gens, ça me fait probablement aussi bizarre à moi de l’écrire qu’à vous de le lire, mais en vrai, les gens qui tombent enceinte, bah ils le font pas exprès contre moi. Sérieux quoi. Presque je dirais, il s’en tape le cul parterre de ma petite personne et ils vivent leur vie dans leur coin sans se préoccuper de la mienne. Oh le truc de ouf. Donc faudrait que j’arrête de leur en vouloir comme s’il faisait exprès de m’arracher une part de mon bonheur?

En même temps, si ton bonheur commence à dépendre de ce que font les autres, t’es pas dans la merde ma fille.

Alors voila. Je penserai toujours “Pffff” quand on m’annoncera une grossesse. Je trouverais toujours que ça devrait être interdit de tomber enceinte avant au moins six, pour rétablir un semblant de justice quoi, merde. Quand je serai plus enceinte, je serai jalouse des femmes qui le sont, ou qui le seront, parce que j’adore être enceinte et que je trouve ça foncièrement dégueulasse que quand on adore être enceinte ça dure que neuf mois quand même sachant que les trois premiers mois servent à rien donc ça fait que six mois si on compte bien, et que ça continue d’arriver facilement aux autres. Je serai toujours mal à l’aise avec les femmes enceintes qui me parlent (d’elles, quand elles me parlent que de moi je le vis très bien, je sais pas pourquoi, mon côté altruiste sûrement).

Et vous savez quoi? J’ai pris mon courage à deux mains, je me suis dit qu’il était temps d’affronter le ventre de femme enceinte de ma meilleure amie (ouais j’ai des sueurs rien que de m’imaginer le truc mais je peux le faire je vous jure) et je l’ai invitée chez moi samedi. je suis fortiche quand même hein?

Pfffffffffffffff

J’en ai marre (ce billet est un billet de connasse)

Ce billet est un billet de dépressif, je vous préviens tout de suite.J’en peux plus de ce temps pourri, j’en peux plus de vivre entre deux appart en bordel total et de pas savoir quand est-ce que ce sera fini, et attention, phrase de salope suprême: j’en ai marre de rester chez moi au lit juste parce qu’il pleut. Faut vraiment que je me prenne par la main, que je me foute un coup de maquillage et que je sorte un peu (tout à l’heure je crois que j’ai fait peur au facteur étant donné que je lui ai ouvert avec ma frange qui montait en l’air, et mon pyjama composé d’un magnifique short de football américain du temps où mon mari était adolescent et pesait 25kg de plus qu’aujourd’hui, d’un t-shirt troué et transparent à tétons apparents donc, avec un gilet déformé destiné à cacher lesdits tétons).

Et pardessus tout, j’en ai marre, mais alors marre si vous saviez, de cette mode de dire qu’être enceinte c’est trop horrible en fait, qu’on nous a menti tout le temps en nous disant que c’était génial alors qu’en fait la grossesse c’est du méga bullshit.

Alors déjà, quand je suis tombée enceinte, personne ne m’a dit “han lala tu vas kiffer la vibes” ou comme apparemment c’est le cas pour tout le reste du monde “tu vas voir c’est que du bonheur”. On m’a dit “T’as des nausées? Nan? Bah ça viendra tu verras, moi j’ai vomi pendant cinq mois / un an / toute ma vie, c’était horrible”. “T’es pas trop gênée par les odeurs? Ca va venir tu verras”. “T’as pas peur d’accoucher? Mwahahahahahahaha, tu te rends pas compte c’est horrible.” “Tu sais qu’après quand le bébé sera né tu vas passer trois semaines horribles au minimum. En plus tu feras plus jamais l’amour avec ton mari parce que ta chatte sera complètement en vrac. Et si tu te sens en forme et que tu le fais ce sera peut-être trop tôt et ton vagin restera élargi à tout jamais.” Les gens qui pensaient en tombant enceinte que c’était la croisière à thème les bisounours vont manger des guimauves, ça doit être les même que ceux qui te racontent que leur cousine est tombée enceinte quand elle a eu son agrément d’adoption et qu’ils sont sûrs que tu vas tomber enceinte par miracle parce que c’est dans la tête, et heureusement ces gens sont pas si nombreux que ça.

Donc ces gens à qui on a présenté la grossesse comme “c’est que du bonheur”, j’aimerais bien qu’elles m’indiquent un peu dans quel monde elles vivent, parce que je veux y aller aussi. La dernière fois j’ai croisé un ancien voisin à moi, qui a l’âge de mes parents, qui a vu mon ventre et donc découvert ma grossesse en même temps. Il m’a pris par l’épaule et m’a dit en me regardant droit dans les yeux avec un air compatissant (je vous jure que c’est vrai): “Du courage, hein, du courage ma petite”. Avec ça les gens qui me demandent tout le temps si mon ventre n’est pas trop lourd.

Alors ok, la grossitude, des fois y a des petits côtés relou. Genre en début de semaine j’ai failli décéder de brûlures d’estomac. Je suis lente dans ce que je fais. Si je fais la vaisselle là effectivement, je me sens un peu lourde. Mais bon, c’est la vie aussi hein, y a quand même (parait-il) un bébé entier dans mon ventre quoi, tout peut pas être magique dans le forfait. Et puis j’ai de la chance: j’ai la sauce, je suis pas spécialement indisposée par quoi que ce soit, donc peut-être que c’est facile de se réjouir quand on porte son bébé dans de bonnes conditions.

Mais n’empêche.Putain j’en ai marre des gens qui porte leur enfant comme s’ils avaient un camp de roms sauvage dans le bide, en disant qu’ils se retrouvent plus, que finalement, le bébé les dérange quoi, que ce sera mieux quand il sera dehors, comme si sa vraie place les neuf premiers mois n’était pas à l’intérieur. Alors attention, je dis pas que tout le monde doit être comme moi une ravie de la crêche de la grossesse et trouver que tout est merveilleux et fantastique au-mon-dieu-je-suis-enceinte-je-voudrais-que-ça-dure-toute-ma-vie. Poit du tout. Je comprends maintenant (enfin j’essaye) que des gens n’aiment pas être enceinte. Bon. Mais de là à dire des trucs comme “j’aime pas avoir ce truc dans mon ventre”, y a un monde quand même.

Alors je sais pas, peut-être que ça me rend un peu aigrie d’être enceinte et enfermée chez moi pour cause de pluie battante d’avoir mis trois ans à tomber enceinte et de connaitre encore des tas de gens qui se trouent le bide aux hormones pour connaitre la grossesse, et d’autres encore qui sont passés à d’autres voies pour avoir leur bébé, après avoir tellement voulu connaitre tous ces désagréments de la grossesse. Mais ceci est un billet de connasse où je dis ce que je veux de façon tout à fait partiale et non argumentée, et puis c’est mon blog je dis qu’est-ce que je veux alors voila.

Mais si vous aimez les gens mesurés et qui écrivent des belles choses sans s’énerver, vous pouvez aller voir par ici, c’est pas faux non plus.

hello les gens

Les gens, vous êtes vraiment choupinets et moi je me sens vraiment comme une connasse. Je suis partie une semaine en Bretagne sans rien dire à personne parce que je voulais tester le délire “viens je bloggue quand est-ce que je veux et j me barre sans rien dire”, sachant qu’en plus j’étais persuadée que je me ferai cambrioler mon appart à moitié vide pour cause de déménagement, et complètement dégueulasse si je disais que je n’étais pas là une semaine. Oui je deviens complètement dingo, vous pouvez le dire. Et vous êtes tout plein à vous être inquiétés, c’est trop mignon. Je le referai plus promis, la prochain fois je vous dirai.

Tous les ans, avec ma famille, on part quelques jours au printemps tous ensemble, c’est une idée de ma mère et comme on veut pas la contrarier, et que finalement c’est assez sympa, on la suit, en Normandie ou en Bretagne.

L’an dernier, en Normandie, il avait fait une temps pourri. J’avais passé quatre jours à sentir très lourdement mon ventre vide (oui je suis un poète à mes heures) et je me disais que si ça se trouve je serais éternellement la tata qui a pas d’enfants et qui est un peu frustrée. En plus mes règles revenaient pas, je pouvais pas faire mon TEC, c’était la lose.

Cette année, j’étais toute pleine, du ventre et du cul aussi, la grossesse ça me file un sacré gros boule. C’était bien sympathoche les vacances enceinte.

On est allés passer une après-midi à saint-Malo. Saint-Malo j’y étais déjà allée il y a quelque chose comme deux ans. Genre à une époque où je savais même pas que j’irai en AMP. Mais j’avais mes règles, et j’étais un peu dégoûtée. Ca faisait un an que j’avais arrêté la pilule, je commençais à m’y faire remarquez. je me souviens que pour compenser, je m’étais payée des fringues tiendez.

Alors même si à bien des égards, ce séjour a été un peu fatiguant et stressant, et que je suis quand même soulagée d’être enfin revenue chez moi, pour une fois, ça fait quand même plaisir de mesurer le chemin parcouru…

Maintenant j'ai quand même de bien plus gros nichons...

Les véritables raisons de l’infertilité

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Je vous jure les gens, je voulais vous donner un troisième conseil tout miteux pour que votre petit embryon s’accroche à votre petite muqueuse utérine aujourd’hui.Hélas, une adorable lectrice (dont j’ai oublié le pseudo, mais si elle me le rappelle je le remets ici tout de suite ♥) m’a envoyé un lien vers un article du parisien qui s’appelle “Un Espoir pour les couples infertiles” et qui vaut son pesant de cacahuètes.

Mais sachez quand même qu’il s’agit d’un article sérieux hein, c’est pas une blague. on pourrait croire que c’est un marabout qui met ses petits papiers “je règle vos problèmes retour de l’être aimé, impuissance, argent, travail, stérilité” qui leur a servi de consultant. Point du tout, c’est une vraie gynécologue qui travaille  la Muette qui témoigne.

Déjà, si les couples infertiles n’ont pas d’enfants, c’est de leur faute. Bon, ça vous allez me dire, on le savait aussi, depuis le temps. Alors pourquoi que c’est de leur faute cette fois-ci: parce qu’ils fument. L’infertile est un sale toxicomane. Ne me dites pas “ah oui mais moi je fume pas beaucoup”, à partir de quatre cigarettes par jour, tu l’as dans l’os qu’il dit l’article. D’ailleurs une dame témoigne: “J’ai arrêté de fumer et ça a marché”. Bon, par fiv, mais sa fiv a marché quoi. Juste quand elle a arrêté. C’est presque comme si elle était redevenue fertile.

D’ailleurs la gynécologue elle nous dit qu’elle a remarqué que les infertiles sont une population qui consomment plus de tabac, d’alcool et de cannabis. Comme quoi. Nan mais pourquoi est-ce que le petit Jésus voudrait confier des enfants à ces gens-là?  C’est rien que des sales hippies qui prennent des drogues les infertiles.

Le docteur pointe aussi une deuxième raison qui génère de l’infertilité. C’est que l’infertile est un peu con. L’infertile n’a pas bien compris comment on fait les bébés. L’infertile ne fait pas l’amour. Oui oui, la gynécologue elle dit ça: les infertiles ils fotn pas l’amour, faut pas s’étonner après de pas y arriver. Ah ça oui je suis bien d’accord avec elle. Et puis sérieux, des gens complètement toxico, pas foutu de se pénétrer, vaut mieux qu’ils arrêtent de se reproduire à un moment j’ai envie de dire. Nan parce que vous imaginez l’humanité que ça nous réserve pour la suite?

« Il n’y a que 3 ou 4% de stérilité définitive, conclut Silvia Alvarez. Dans l’infertilité, beaucoup de choses sont réversibles, même si c’est parfois difficile. Et si l’on veut mettre toutes les chances de son côté, il faut commencer par analyser le mode de vie des patients et supprimer tous les facteurs toxiques. »

C’est ce qu’elle nous dit la dame. T’as bien compris? Tu crois que t’es infertile, mais en fait t’es pas infertile en vrai, t’es juste drogué ou con. Je vais de ce pas en parler à mon sale mari bouffeur de légumes et obsédée par le sport, il doit me cacher des choses. En attendant tu peux répondre à ce sondage (j’aime les sondages, ça donne une impression de démocratie):

Finalement, je trouve que Le Parisien, il donne quand même des conseils bien plus pourris que les miens, mais je suis partiales hein.

Ceci est un infertile

[EDIT: Le but de ce blog n'étant pas de blesser les gens qui auraient pu avoir affaire à cette gynécologue, je me permets de nuancer mon propos: cette personne est probablement très compétente dans son métier, le fait même qu'elle fasse des fiches pour chacun de ses patients et qu'elle leur fasse remplir un questionnaire montre l'intérêt qu'elle porte à leur donner un bébé, en adaptant ses traitements et ses conseils à chaque couple, ce qui est tout à fait louable. CEPENDANT, il n'en reste pas moins que je trouve que ces deux papiers, celui du parisien déjà cité et celui de Top Santé sont du putain de bullshit, qui font croire que finalement, l'infertilité, c'est quand même pas si compliqué, et nient les pathologie qui peuvent y mener. Un infertile n'est pas juste quelqu'un qui ne peut pas avoir d'enfant. Dans ce cas, on pourrait aussi dire que les anorexiques qui n'ont pas d'ovulation sont infertiles, et que les infertiles devraient penser à faire des repas plusieurs fois par jour pour réussir à avoir des enfants.]

6 conseils un peu foireux pour réussir son transfert d’embryon: conseil pourri #2

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- Je suis partie en vacances. Avec mon mari. On a pratiqué des actes sexuels à la folie. On a profité du soleil, de la piscine, de la mer. On a bouffé, on a bu. On s’est fait beau, on a glandé, on a lu, on a rigolé. On est partis avec des amis sans enfants, loin des femmes enceintes, dans une sorte de bulle de bonheur entre gens sans enfants et pas près d’en avoir. Bah ça nous a fait grave du bien en fait. On est revenus en forme tous les deux, sûrs de nous, en tant que couple, et en tant qu’individus. Je me rends compte que ça faisait trois ans qu’on n’était pas partis sans femme enceinte en fait, ou sans ma mère, qui vaut toutes les femmes enceintes du monde avec ses réflexions des fois.

Là ça commence à devenir du conseil bien pourri que je vous donne, du truc tout évasif et qui n’a peut-être pas vraiment de sens pour vous. Désolée, c’est juste comme ça que ça s’est passé, et je peux pas l’expliquer. Il y  a quelque chose durant cette pause qui s’est débloqué: j’étais prête à accepter le résultat, quel qu’il soit. Du moins j’avais l’impression que je l’étais. Je dois vous avouer que j’ai pas eu l’occasion de tester si j’étais vraiment prête à être une nouvelle fois confrontée à l’échec, mais je peux pas m’empêcher d’imaginer que ça a dû jouer, ça me parait évident. Peut-être que je me trompe complètement (ça c’est du conseil: je pense que ça marche mais je suis pas sûre mais moi ça a marché, mwahahahahaha) je dis pas le contraire vous noterez.

C’est aussi un conseil de riche, ou d’oisif, ou de fonctionnaire, parce que bon, partir en vacances juste avant sa fiv, c’est pas toujours pratique pratique. En même temps, si vous y mettez pas du vôtre aussi…

Ici, des infertiles qui tentent d'oublier qu'ils vont commencer leur traitement en rentrant

[NDLR: c'est fini cette impatience de "Mais ils sont où les cinq autres conseils"! Vous savez bien que j'ai déjà pas grand chose à dire, donc je morcelle, pour faire genre je suis une vraie blogueuse avec plein de billets.

6 conseils un peu foireux pour réussir son transfert d’embryon: conseil pourri #1

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Je vous avais prévenus hier: aujourd’hui, je peux vous dire ce que j’ai fait pour le transfert qui a marché. Juste je vous préviens, si on m’avait dit ce genre de trucs avant, je pense que j’aurais sûrement répondu:

1) c’est du mytho

2) et bah on n’est pas rendus.

Je peux même pas vous dire que c’est des conseils, je peux juste vous dire ce que j’ai fait, et penser que ce seront toujours des conseils pour faciliter la nidation meilleurs que les trucs stressants qu’on peut trouver sur doctissimo, et puis après je vous le répète: chacun fait comme il peut. Il y a des gens très détendus qui y arrivent, et des gens très angoissés pour qui ça fonctionne dès la première fiv, et c’est tant mieux pour tout le monde, alors méfiez-vous des recettes toutes prêtes “pour faire tenir le brybry”.

Mais commençons donc par le conseil pourri numéro 1: J’ai fait une pause.

Elle est un peu glauque cette photo ou c'est moi?

Je l’ai pas voulu. L’échec de ma deuxième fiv, c’était en avril. Je voulais faire mon tec avant l’été. Sauf que: mon corps a dit stop. Nan mais un vrai stop quoi: comme il faut attendre la date de ses premières règles, mon utérus a décidé de me faire des feintes: ah tiens, un saignement comme un début de règles, à bah non, ça s’arrête deux jours après. Ah des saignements bien rouges. Mais qui durent 24h. Au bout d’un mois et demi de ce jeu de cache-cache-dégueulasse, j’ai compris que tout simplement, ce n’était pas le moment. Mon corps, il voulait se reposer un peu et il me l’a montré de plein de façons. Il voulait que je lui redonne du temps, et de l’amour (si c’est trop beau ce que je dis et que ça vous fait trop pleurer, je comprends, prenez un mouchoir et mouchez-vous bien fort, ça vous fera du bien. Je suis un vrai poète des fleurs des champs y a pas à chier). et comme le corps n’est pas pour moi une entité séparée de l’esprit (ça devient costaud comme conversation vous trouvez pas? On commence à utiliser des concepts philosophiques et tout, vous croyez que j’ai ma chance comme blog de l’année chez cosmopolitain?), mon cerveau aussi il en avait marre. Bref, c’était le moment de s’arrêter, de repenser à ce que je voulais être, et à la façon dont je concevais la fiv. comprendre comme dit la sage Evemaba que “Le temps défait tout ce qui se fait sans lui”. donc s’arrêter, et prendre le temps, de me résigner, d’accepter que la fiv, c’est pas l’assurance d’avoir un enfant au bout, et d’accepter l’échec d’avance. De me dire: le tec, ça marchera, ou pas, mais quoi qu’il arrive, si je pouvais avoir une quelconque influence là-dessus, bah ça se saurait. Je n’en ai aucune, je ne suis pas si puissante. Vous non plus d’ailleurs mesdames qui me lisez (voire messieurs): on ne contrôle pas ce qui se passe en nous; on peut s’en donner l’illusion en prenant des vitamines, en restant quinze jours au lit, en ne portant rien de lourd, en se retenant de faire caca. Certaines en on besoin, ça les rassure d’avoir des rituels, de se sentir actives. tant mieux, qu’elles continuent, l’important, c’est d’être aussi en accord que possible avec soi-même.  Moi finalement, c’était me poser plein de barrière qui me faisaient croire que je luttais contre quelque chose. C’est faux. Je n’ai jamais eu le sentiment de me battre contre la nature. j’ai eu l’impression que la science me faisait la courte échelle, mais c’est pas parce qu’on nous fait courte échelle qu’on va forcément atteindre le pot de confiture, on peut quand même se casser la gueule. La science, c’est une chance en plus, mais pas un instrument pour lutter. Parce que la nature ne nous en veut pas, parce qu’elle n’est pas contre nous. On a juste pas de chance, voila, c’est moche, et puis on vit pas dans une culture où on accepte les choses.

Je vous dis ça, croyez pas que je sois devenue une sorte de grand gourou bouddhinien (de bouddha vous voyez), y a des trucs que je digère toujours pas. Genre les autres ils sont fertiles quoi. Je peux pas m’empêcher de trouver ça foncièrement dégueulasse, mais en même temps, j’essaye toujours d’aller contre ma première pensée en me disant que bon, c’est comme ça, et c’est tout. Ca marche pas à tous les coups, je vous le cache pas. Je crois même que depuis que je suis enceinte, je suis encore pire qu’avant en fait, mais maintenant je m’en fous de la philosophie putain, je suis enceinte!

 

 

 

 

“L’enfer, c’est l’attente sans espoir”: L’enfer c’est l’attente après le transfert ouais

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Celui qui a dit cette connerie, c’est André Giroux. Je le connais pas, pour trouver un titre à ce billet, en bonne skyblagueuse j’ai tapé “attente” dans google pour avoir une liste de citation. Tout ce que je peux donc dire de ce monsieur Giroux, c’est qu’il a jamais dû faire de fiv, sinon il aurait jamais sorti ce genre de connerie.

Des fois, je reçois des petits mots de gens qui me lisent. C’est vraiment cool. Et dans ces petits mots, le truc rigolo, c’est qu’il y a  une requête qui est revenue plusieurs fois: est-ce j’ai déjà fait un billet sur l’attente après le transfert d’embryon? En fait nan. autrefois, quand j’étais une vraie blogueuse, et que je postais tous les jours, je n’en avais pas besoin: il y avait à peu près quinze jours de maniaco-dépression post transfert à suivre en live plus ou moins.

Mais refaisons un bilan.

Un jour, on a beaucoup de chance, on se fait transférer un ou deux embryons. On reste allongée une demi-heure dans une pièce avec plein de photos de bébés nés par fiv (ou alors ils ont récupéré des images sur des blogs de maman pour faire croire que plein de bébés sont nés par fiv dans leur hôpital remarquez, moi je l’aurais fait au début pour que ça ait un peu de gueule). Et ensuite on repart de la salle avec son mari, un début de truc vivant qu’on a fabriqué dans le ventre, et surtout une liste de conseils:

- faites comme tous les jours

- mais pas trop

- ne prenez pas la voiture pour aller loin

- ne faites pas de trucs qui pourraient contracter votre utérus

- n’ayez pas de rapports sexuels pendant les deux prochains jours.

Je vous avoue que “faites comme d’habitude en évitant juste ce qui pourrait faire contracter votre utérus”, c’est juste le conseil le plus merdique qu’on m’ait jamais donné. Genre je sais ce qui fait contracter mon utérus quoi.

Voila ce qui risque d’arriver une fois que vous allez rentrer chez vous:

- vous allez mettre votre siège dans la voiture en position allongée, des fois que la gravité attire vos enfants vers la moquette de la bx. Même que s’il y a plus de deux dos d’ânes sur le chemin vous allez peut-être vous dire qu’il vaut mieux dormir à l’hôtel, le dos d’âne étant l’ennemi juré des embryons, c’est bien connu, toutes les femmes du monde qui tombent enceinte y arrivent seulement parce qu’elles ne passent sur aucun dos d’âne,

- vous allez vous allonger sur le canapé toute la journée. Si ce n’est toute la semaine si vous avez réussi à vous faire arrêter. Même votre mari n’osera pas vous demander de faire la vaisselle, ou de passer l’aspirateur, ou de faire quoi que ce soit qui puisse vous demander d’être debout. Eventuellement si c’est la saison vous aurez tout juste le droit d’écosser les petits pois,

- vous ne ferez rien couchée non plus, à part dormir, regarder la tv et glander sur le net. Vous n’aurez pas de rapport sexuels jusqu’à la prise de sang. Bon, déjà la première semaine parce que vous aurez mal à l”utérus à cause de la ponction, et que vous estimerez qu’on vous a assez fourrée de ce côté là. Vous remarquerez que pour les autres côtes vous pourriez faire ce que vous voulez, mais c’est sans compter sur la violence extrême de votre mari qui vous secouerez sous le feu de l’action et ferez ressortir les embryons aussi. Nan finalement c’est bien plus sûr de ne rien faire en fait,

- vous aurez bien évidemment peur de faire pipi, et faire caca je vous en parle même pas.

Le pire, c’est que si le seul conseil qu’on vous donne quand vous sortez de l’hôpital est “faites comme d’habitude”, la première choses que vous ferez sera d’aller sur internet et de taper frénétiquement dans google “conseils après transfert d’embryons” pour pouvoir constater que personne ne dit la même chose et tomber sur des flippées qui vont vous assenez des règles sorties tout droit de mon cul (je vous laisse apprécier à sa juste valeur l’aspect tellement étrange de cette dernière expression) qui iront vous donner des conseils aussi mesurés et plein de bon sens que ceux-là.

Alors excusez-moi de donner un peu mon avis hein, c’est pas comme si je m’étais payé trois transferts (vous me direz, ça fait pas de moi une grande savante, mais ça m’a donné un tout petit peu d’expérience de la chose): comment on fait quand on a peur de descendre un trottoir, quand on se dit que tout est foutu parce qu’on a éternué et qu’on a senti très nettement son utérus  se contracter à ce moment-là, quand on fait une crise d’angoisse parce qu’on a été obligée d’aller faire des courses et qu’on se dit que ça y est, nos minuscules embryons doivent être tous fondus et collés au fond de notre culotte (quoi, qui n’a JAMAIS essayé de vérifier qu’ils n’étaient pas tombés, englués dans une coulée d’estima gé? Qui?) pour ne pas faire un dépression nerveuse?

Parce qu’avec ça, on vous dira que si vous êtes angoissée, vous faites diminuer toutes vos chances d’avoir un bébé. Alors vous stresserez d’être stressée. et après vous culpabiliserez d’être stressée.

Le seul conseil à peu près potable qu’on puisse vous donner, c’est de vous écouter. Si vous vous sentez de bouger, bougez, si vous vous sentez de rester au lit quinze jours, allez y, si vous êtes stressée, qui pourra vous le reprocher?

Bon, demain je continuerai ma déjà grande carrière de donneuse de leçon en vous disant ce que j’ai fait lors du transfert qui a fonctionné. Mais je vous préviens ça vous plaira peut-être pas comme discours: moi j’aurais détesté qu’on me dise ce que je vais vous dire!

 

Le désir d’enfant d’après

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Si on me demandait à quoi j’associe le désir d’enfant, je dirais que je l’associe spontanément à quelque chose de douloureux, à une immense frustration, à quelque chose de viscéral, à la nécessité d’en chier à mort. en fait, pour moi, vouloir un enfant, c’est devenu une idée naturellement sous-tendue par la peur de ne jamais pouvoir en avoir, de ne jamais savoir ce que ça fait d’avoir des enfants et d’être un papa ou une maman.

En ce moment, les secondes grossesses fleurissent autour de moi. Je dirais pas tant mieux (n’exagérons pas, je reste une ex-infertile qui se sent menacée par les grossesses des autres, faut pas abuser non plus) mais presque: c’est la vie, c’est plein de bonheur pour les gens qui me sont proches quand même. Et je vois bien que bon, l’annonce d’une deuxième grossesse bah comment vous dire: les gens disent “Ah c’est chouette”, et puis c’est l’occasion de boire un coup, et puis voila en gros.  Déjà ça semble avoir moins de gueule pour tout le monde qu’une première grossesse, même pour les gens normaux quoi.

Moi aussi un jour j’espère, j’aurais une deuxième grossesse. Mais quand je me projette, j’ai du mal à m’imaginer souffrir autant que dans ma quête de la première. J’ai du mal à imaginer que ce sera aussi douloureux pour moi d’essuyer des échecs que pour la première. Plus jamais je n’aurai cette peur au ventre (et c’est bien le cas de le dire) de ne JAMAIS y arriver. Plus jamais je me dirai que je ne serai JAMAIS une maman. Il y aura toujours quelque chose de brisé dans la malédiction. Et du coup, comme pour moi c’est ça, le désir d’enfant, je ne peux pas m’empêcher de me demander: serai-je capable encore de désirer un enfant? Le vouloir, me dire que c’est le moment, que je me verrais bien avec un deuxième, oui, sûrement, mais le vouloir aussi fort que le premier? C’est horrible ce que je vais dire, mais presque par justice pour ce bébé, je voudrais que ce ne soit pas si facile, pour avoir le temps de le vouloir, de le désirer, d’espérer, de l’attendre avec mes tripes en somme, comme j’aurai attendu son grand-frère.

Putain c’est dingue les réflexions torturées que les hormones peuvent m’inspirer.

Journée de la vieille femme de 35 ans

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J’en ai marre. Vous pouvez pas savoir à quel point j’en ai marre de toujours râler sur le même sujet. Genre quand je lis ça surtout.

Nan mais putain quoi. Fuck. Le mari déjà il vous dirait “Un bébé quand ON veut et un bébé quand ON peut”, un bébé ça se fait en couple  a priori. Et oui chez nous, la fertilité, et surtout l’infertilité reste définitivement une affaire de femmes.

Déjà, les mecs on leur dit pas “Va falloir aller vous faire ausculter le kiki régulièrement à partir de la puberté chers messieurs, pour vérifier que c’est pas en train de pourrir et de se décomposer et vous faire un frottis par le trou du zizi, nan je déconne, mais c’est un peu mon obsession de voir si un truc peut passer dans ce trou là. Ouais on pourra aussi en profiter pour en parler de deux trois trucs par exemple, comme faire de la prévention contre les MST, toussa.” C’est con, peut-être que si mon mari c’était fait tâter les cacahuètes à la puberté, on aurait déjà pu voir qu’il avait un varicocèle bilatéral et commencer à le préparer psychologiquement en lui disant que faire des gamins, ça aller être chaud de la bite hahahahahahaha.

C’est con aussi, parce que quand au bout de huit mois de travaux forcés rapports sexuels réguliers vous n’avez pas de gamins, et que vous vous pointez chez la gynécologue, bah forcément, c’est à vous qu’on va prescrire des machins. Bon moi déjà au bout de cinq mois, ma gynécologue m’avait dit je vous le rappelle “Han mais c’est pas normal de pas encore être enceinte”. Oui vous pouvez l’appeler pute. Et du coup j’ai changé de gynécologue sans faire le bilan hormonal qu’elle m’avait demandé, parce que j’ai une théorie: quand on cherche, on trouve. Si vous voulez faire des investigations chez une fille en vous disant que vous allez rechercher ce qui cloche chez elle pour qu’elle soit toujours pas fécondée, vous allez bien finir par lui trouver un cycle un peu trop comme-ci, ou une hormone un peu trop comme ça. Genre mois j’avais des cycles trop irréguliers. Genre j’avais une copine, elle avait trop de prolactine. Résultat des courses: nos époux sont tous les deux OATS, et nous ça va.

Sauf que les mecs on leur demande en dernier lieu forcément, s’ils veulent bien avoir l’extrême gentillesse d’aller si ça les traumatise pas trop et que ça les embête pas REGARDER UN FILM PORNO ET SE BRANLER.(je dis ça, mais en vrai c’est pas trop gentil, je pense que si les mecs en font tout un plat de leurs giclettes et de leurs petites auscultations, c’est aussi une façon pour eu x de nous dire “ah mais tu vois, moi aussi je souffre pour avoir un bébé, comme toi, on y est tous les deux”. Même si bon branlette VS hysterographie, y a pas photo non plus, mais ça part d’un bon sentiment.)

La qualité du sperme diminue avec l’âge, ça finit par se savoir. Et pourtant, alors que strictement l’AMP n’est remboursée pour les femmes que jusqu’à 43 ans (Ouh! Les veilles! Les très vieilles femes! Les sorcières! Han mais comment tu feras quand ton enfant aura vingt ans t’en auras 60, tu seras vieille de la mort et tu vas crever mère indigne!), j’entendais le week end dernier une gynécologue dire dans une émission d’arte que pour un homme, jusqu’à 60 – 65 ans on pouvait discuter, mais qu’après, quand même, zut et crotte, c’était trop tard.

Alors moi je veux bien qu’on se mêle de la vie des gens en décidant qui est en mesure de créer une famille ou pas (En fait nan. Ou alors je veux aussi qu’on aille se mêler de la vie des gens fertiles qui font des enfants et qui après les laisse dans la voiture pour aller en boîte de nuit, ou qui les envoient pas à l’école, ou pire encore, et qu’on les stérilise tant qu’on y est, je vois pas en quoi les médecins ou même qui conque est apte à juger qui est capable ou digne de fonder une famille. Bref), mais dans ce cas-là, pourquoi que les femmes elles sont trop vieilles à 43 ans et que les meussieurs à 60 ans on trouve pas ça plus choquant que ça qu’ils viennent promener leur sperme périmé dans un bocal du laboratoire d’Eylau (quoi? il reste des infertiles parisiens qui ne connaissent pas le laboratoire d’Eylau? Nos maris se sont tous tripotés là bas, c’est ce qui fait notre force mesdames).

Enfin voila quoi. Tout ça pour dire que je déclare le jour d’aujourd’hui journée de la vieille femme de 35 ans, parce que c’est ça aussi l’égalité des droits.

"bonjour, la dernière fois que j'ai eu mes règles c'était en 1972, et depuis je suis sous utrogestan pour les faire revenir, ça commence à me couter cher en tests d'ovulations clearblue cette histoire..."

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