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Archives de Catégorie: On n’est plus chez soi!

On n’est plus chez soi #6: nos bébés congelés

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Il y a quelques semaines, j’ai surpris sur le facebook une conversation entre une copine chère à mon ♥ et d’autres amies à elle au sujet de la destinée de leurs embryons congelés. J’ai trouvé fascinant l’homogénéité (qui est un mot très moche) qu’il y avait dans leurs propos: toutes étaient attachées à eux, toutes ne voulaient plus, pour diverses raisons, avoir d’enfants, mais toutes aussi avaient reculé le plus possible le moment de s’en séparer.

[NDLR: Pour les embryons congelés, la loi permet de les conserver quelques années pour un montant remboursés par la sécurité sociale. Tous les ans les heureux possesseurs de ces bébés congelés reçoivent un courrier dans lequel on leur demande s'ils veulent:

- donner leurs embryons à un autre couple

- les conserver pour un transfert

- les détruire

_ les donner à la science.

Au terme de cette période, les embryons sont conservés aux frais de leurs possesseurs, sans aucun remboursement prévu. Si ces derniers ne donnent pas de nouvelle, les embryons sont détruits.]

Ces trois filles exprimaient les mêmes sentiments: elles avaient retardé autant que possible le moment de prendre leur décision, ne pouvaient s’empêcher de voir le début d’un morceau d’elles qui avait commencé hors de leur ventre et qu’elles ne pouvaient donc ni donner, ni détruire, parce que merde, elles en avaient chié pour les créer, et quon ne pouvait pas réduire ça à rien du tout, et finalement avaient opté pour la même solution: les donner à la science avec cette petite phrase: "Après tout ce qu’elle a fait pour nous".

Bah j’ai trouvé ça super touchant cette conversation, et je suis ravie que ma copine ait accepté de venir nous donner un témoignage très émouvant, très intime même sur sa décision.

En mars 2006 j’ai eu une ponction d’ovocyte … une jolie récolte qui nous a permis d’avoir 11 embryons.

Le 30 mars deux jolis embryons ont été transférés dans mon bidon….

En décembre 2006 j’ai donné naissance à un joli petit M***e.

L’année suivante nous avons reçu un courrier de l’hôpital Tenon nous demandant ce que nous souhaitions faire de nos 9 embryons. Il n’y a pas eu besoin d’en discuter, nous avons signé tous les deux pour les conserver.

En janvier 2008, nous avons pris rendez-vous avec l’hôpital pour finaliser notre projet d’agrandir notre famille. Rendez-vous pour un transfert en octobre 2008 (c’étais dingue juste une prise de sang, pas d’écho, pas de traitement) de deux embryons…

En juin 2009 je donne naissance à C***n.

En mars 2010, courrier de l’hôpital… que j’ouvre en sachant que je vais devoir pleurer pour que mon mari accepte de les conserver…
Dans ma tête il est impensable de détruire mes bébé car oui dans ma tête se sont déjà mes enfants… il nous en reste 7… le mari ne veut plus entendre parler de bébé… tourner la page, oublier qu’on a du faire appel à la PMA pour être parents.

Moi au contraire, j’ai plus que jamais envie de le crier, de dire que bordel ce n’est pas évident, qu’on en chie mais que cela en vaut la peine… et puis moi je n’ai pas encore fait le deuil d’un troisième enfant… j’ai dû le menacer de lui couper l’accès à mon cul pour qu’il signe pour une conservation… Nous ne sommes plus a 100% donc je paie pour la conservation.

Une année difficile s’écoule, faut croire que la PMA laisse des traces. Notre stérilité qui deviendra au final sa stérilité car c’est lui qui souffre d’OATS, nous a d’abord éloigné, pour nous souder comme jamais… aujourd’hui nous sommes parents et pourtant je le hais par moment…

Je le hais par qu’en mars 2011 il m’a obligé à supplier a nouveau pour les conserver… il ne me comprend pas… veux qu’on les détruit et puis basta comme il dit…
Il a signé pour une conservation parce que j’ai menacé de divorcer…

Une année s’écoule à nouveau et la haine laisse place au dégoût…j’ai supporté les traitements, encaissé les échecs en versant juste quelques larmes devant lui et il m’oblige à le supplier…
Cette année nous n’avons pas encore reçu le courrier mais je sais que cette année, il n’y aura pas de larmes… du moins pas pour les garder… j’ai fait le deuil d’un 3eme avec lui… il est temps pour moi d’avancer sans me retourner… en faisant don de mes embryons a la science qui m’a tant donné.

En écrivant que je les donne, je pleure…c’était une chance d’en avoir autant et un malheur qu’ils soient de si bonnes qualités et qu’un seul transfert soit utile…
C’est un déchirement pour moi, je crois non je sais qu’une fois que ce document sera signé… les papiers de ma demande de divorce arrivera également sur la table.

Playlist infertile idéale #2: tiens, une invitée! [On n'est plus chez soi #5]

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C’est Axellela qui se livre aujourd’hui à une étude de texte pour une chanson à laquelle j’aurais pas pensé moi-même, mais que j’aime d’amour. Axellela, elle est drôle, j’ose pas lui dire que j’ai hâte à chaque fois qu’elle ait ses écho de contrôle parce que ça me fait rigoler les trucs qui lui arrivent à tous les coups, elle pourrait avoir un blog tiens, si elle avait que ça à foutre (je lance l’idée quoi, c’est tout!)

Je vous livre donc la chanson et sa réflexion à son sujet, et j’en profite pour vous dire que vous pouvez vous aussi m’envoyer vos propositions de chansons pour la playlist infertile idéale, avec une explication ou sans à cette adresse: faithfully_y@ymail.com :

Ce matin, j’ai eu comme une révélation. J’étais dans ma voiture, je me rendais au travail en sortant du labo, et là, comme à chaque fois après une écho et une prise de sang j’ai la rage. Du coup la radio m’agresse. Du coup je mets le CD de RAP de Lionel. Très fort, à fond. Et là, je tombe comme par hasard sur l’empire du côté obscur de IAM. Et là, c’était comme si la chanson avait été écrite pour moi. Parce que oui, j’ai l’impression qu’une force maléfique s’empare de moi, gonfle et me rend mauvaise. Méchante. Aigrie. Je me suis vue avec le regard rouge et le nez qui saigne. Je me suis vue en colère, je me suis vue gueuler contre la secrétaire médicale qui a réussi à me donner les résultats de l’échographie rénale d’une pauvre vieille dame et par conséquent à donner mes résultats avec des photos de mes ovaires à cette dame. Je me suis vue gueuler contre l’échographe qui s’est mouché avec ses doigts avant de mettre avec ces mêmes doigts une capote sur un embout caméra et appliquer le lubrifiant avec toujours ces mêmes doigts sales et l’introduire dans mon vagin. (J’ai donc présentement un peu de morve de cette échographe à l’intérieur de moi-même. Mélangé avec du sang de mes règles et du lubrifiant.) A la question « est ce que tu te sens glamour aujourd’hui ? » j’ai envie de cracher du feu au visage de celui qui me le demande. Envie de fiche un coup de boule à ma collègue qui me voit arriver essoufflée, pâle comme un cul et qui trouve rien de mieux à faire que de m’accueillir avec la gueule de travers et la bouche pincée. Envie de buter la dame qui me parle de son petit fils qui va être papa… Bref, je sentais vraiment monter en mois la force obscure… Ma force obscure c’est mon infertilité. Ca pourrait être poétique, en fait c’est juste triste.

Petite explication de texte :

Le sombre monarque débarque et étale
Son pouvoir, la puissance de l’ombre s’installe = Madame t’es infertile. A partir d’aujourd’hui, ta libido sera programmée, tes rapports sexuels délivrés sur ordonnance et ta vie sera de la grosse merde.
Non, ne résiste pas, ne lutte pas = Oui c’est pas juste mais tu peux rien y faire c’est Dame nature la pute qui a décidé à ta place.
Ne te détourne pas de la main tendue vers toi = Mais, femme infertile, réjouis-toi ! Tu es née au 20ème siècle, tu es contemporaine de Sa Sainteté Dr Frydman, Amandine est déjà né ; bref, la science et la médecine vont pouvoir t’aider, si tu les laisses entrer dans ton utérus.

Ou je vais explorer le royaume de tes peurs = Autrement dit, ta chatte, 3 fois par mois. Tous les mois. Minimum.
En devenir le dictateur pour mieux te dominer = Parce que, à partir de maintenant, y a pas une fois où tu baiseras sans penser que peut être, ce coup-ci, c’était la bonne. Ya pas de raison que tu te fasses des piqures tous les soirs pour peau de zob quand même !
Là, tu deviens raisonnable, c’est bien = C’est bon ? T’as compris ou je continue ? 

Oui tombe sous le charme pour de meilleurs lendemains = Parce qu’en fait y aura pire. Y aura les jours où t’auras tes règles, ceux où tu devras aller poser des demi journées de congé pour aller te faire trifouiller l’intérieur. Ceux où tu courras jusqu’au labo et où tu arriveras au boulot, impeccable, les cuisse encore pleines de lubrifiant et où ton premier rdv de la journée sera… une grosse baleine (qui pue du cul et de la bouche). Y aura aussi les jours où on te dira que tu as des kystes, que tu ne peux pas te faire de traitement, et là t’auras presque l’impression qu’on se fout de ta gueule. Parce que pas de piqures en fait c’est pire que des piqures.

Pour les rebelles la force est trop forte = L’infertilité : c’est plus fort que toi. T’auras beau te croire la plus balèze, genre « j’en ai rien à foutre, je vais continuer à boire et à sortir et faire l’amour QUE quand j’en ai envie !! Naaaaaan. Faux ! Vite fait tu vas rentrer dans le moule de l’infertile hystérique : « je vais plutôt prendre un doliprane on sait jamais… », « non ce soir je sors pas j’ovule (enfin je fais ma piqure qui est censée me faire ovuler ! », « l’été prochain ? bof… non on va rien prévoir pour le moment… » . Sic.
Je balaye ces petits Ewoks comme le vent balaye les feuilles mortes = Essaye de fumer un joint ça te détendra peut être ???!
Les indécis sont avertis, qu’ils se méfient = Méfie toi meuf, ça peut encore être pire….
De la seule étoile qui se fond dans la nuit = Ca c’est quand, les yeux pleins de larmes, tu regardes le ciel un soir de désespoir en demandant « pourquoooooooooooooiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!! »

Le bastion des bas-fonds du pays en action = Et maintenant toute l’ile de France connaît ton dedans.
L’énergie dégagée génère une telle attraction = C’est vrai que l’infertilité attire des choses diverses et variées. A commencer par des remarques très très très cons. On s’abstiendra de les citer ici. Ca attire aussi des boutons, enfin surtout chez toi : rouges, bien visibles, bien qui font chier. Ca attire aussi les prises de tête dans ton couple. Enfin ça attire beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde dans ta chatte (en tout bien tout honneur).
Que vers lui se tournent enfin tous les regards = Parce que y en a vraiment besoin de plus ???!
Pour s’apercevoir que l’espoir émerge du noir = Où ça ou ça ?? De quiiiiiiiiiiiiii ????? Qu’on me le présente fissa !

Une partie de tout homme la force manipule = Oui, l’infertilité manipule les hommes. Mais surtout les femmes, elle les rend folle. Et méchantes aussi.
D’un rien il suffit pour que l’être bascule = Un mot, une phrase de trop, et l’infertile devient Godzilla.
Que les yeux de l’aveugle s’ouvrent, qu’il contemple
Mars de l’obscur côté, le temple = Que les gens fertiles se rendent compte de la chance qu’ils ont. Qu’ils voient un petit peu de « l’autre côté » comment ça se passe…pas. Mais ça, c’est beaucoup demander aux gens heureux. Entre ces 2 mondes, un voile opaque. Effectivement, ils sont aveugles.

N’aies pas peur, ouvre-moi ton coeur, viens vers l’Empereur = Tu flippes ta race hein ?!
Sentir la chaleur de l’obscurité pour toi il est l’heure = Un coup t’as chaud et tu transpires comme si t’étais en août sous les sunlights des tropiques par un taux d’humidité de 90%, un coup t’es glacée comme une soupe Picard encore congelée.
De rejoindre l’armée des guerriers de l’ombre = Alors là, serait-ce une référence au coma ? à l’anesthésie générale ??
Ne vois-tu pas ton côté clair qui succombe = Tu te souviens, quand tu aimais vraiment les gens, et que de les voir heureux te rendait heureuse ? Tu te souviens quand on t’annonçait des grossesses avant ? Ben c’était avant. Maintenant t’as juste envie d’aller t’enfermer dans les toilettes et d’y attendre 9 mois, en pleurant, en attendant que ça se passe.

C’est ta destiné, pourquoi vouloir lui résister = C’est un cadeau de Dame Nature la Pute ! Donner, c’est donner, reprendre c’est voler ! Et un cadeau, ça se refuse pas. Et merde.
Sans peine je ferais sauter les verrous de ta volonté = Infertilité 1 / toi 0. Arrête d’espérer meuf, tu y arriveras pas. Non, les miracles n’arrivent pas. Et arrête de te toucher les seins. NAN t’es pas enceinte.
Sois l’hôte dans la noirceur la plus pure de l’Empereur = Tu te mets à penser des choses tellement horrible sur les gens que t’en as honte.
Et arbore les couleurs du côté obscur = Bon, ben je crois que c’est clair non ? A ce stade on t’aura certainement annoncé que tu dois passer en FIV car pour toi, un rapport sexuel « sans y penser » ne suffira pas à féconder un œuf (que tu ne peux pas produire seule), et à développer un embryon. Tu commences donc à broyer du noir et à en vouloir à la terre entière. Si tu pouvais, tu vivrais cachée sous ta couette toute l’année. Sans te laver.
Obscure, la force est noire, noire = il n’y a plus d’espoir…
Comme le château où flotte l’étendard, notre drapeau
Sois sûr que sous les feux, la vérité est masquée
Viens, bascule de l’autre côté = La vérité ? C’est que tu es aussi fertile qu’un œuf dur. Tu es donc, malgré toi, passée de l’autre côté. Dans « l’autre monde », celui où les bébés se fabriquent pas à l’intérieur de toi.

Obscure, la force est noire, noire
Comme le château où flotte l’étendard, notre drapeau
Sois sûr que sous les feux, la vérité est masquée
Viens, bascule de l’autre côté = la même….

Je suis le fils de Jaffar, le sale rejeton de Dark Vador
Le grand Cador, du maniement du mic, j’adore = « Bonjour, je suis le Docteur S. Votre cas est très simple. Vous n’ovulez pas. On va donc refaire des tests pour vous et Mr V ».

Adapter ma technique à la manière du caméléon = « Et si tout cela est confirmé, on procèdera à un traitement par injection d’hormones dans le ventre, avec contrôle par échographie et prise de sang tous les 2 jours. Bonne journée. »

Sans pitié pour matter la rebellion = Et l’infertilité, tu vas lui faire la nique !!!!!!!!

Millénaire, salive empoisonnée langue amère = « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne c’est que Mr V  fonctionne parfaitement. La mauvaise, c’est que j’ai le regret de vous annoncer que les traitements ne fonctionnent pas. Y a autre chose qui cloche. Je vais vous opérer. Besoin de voir de quoi ont l’air vos ovaires.»
Un Pilot V5 en tant que sabre laser = « On va vous faire 3 points dans le ventre et vous faire des mini trous dans les ovaires, au bistouri cautérisant. »
Quoi, ma conscience comme seule médaille = « Rassurez-vous, c’est pas l’opération du siècle hein ! » 
Je traque et j’étripe sans remords tous les chevaliers Jedi = Si elle est enceinte tu n’as aucune pitié : qu’elle crève la salope !!!

La haine monte en toi, je le sais parfaitement = Oh oui tu le sais tu la sens… Cette haine qui t’étouffe presque. Qui te prive de certains moments de joie avec tes amies. Tu cracherais bien sur les berceaux dans la rue, mais quand même, y a des limites…
Je vois ta main droite gantée de noir = C’est celle qui s’apprête à palper ton col de l’utérus ?
C’est sans espoir, la mutation s’amorce = Tu deviens : grosse, pâle, acnéique, le cheveux gras et filasse, fatiguée, le teint cireux. Welcome in your new Infertile body !!
Ta nature que tu obtures, le côté obscur de la force = Bientôt tu sens que tu pourrais sombrer… Bientôt…

Viens vers moi, passe le pont de part en part = Tu fais une croix sur la parentalité, songe à l’adoption.
Rejoindre ma demeure dans la lune noire = La lune noire… Tu sais, celle qui transforme les gens en loups garous… Et toi en sadique du cul parce que ce soir « c’est peut être le bon soir !! »
Mars est l’empire, je lance mes troupes à terre = « Regaaaaarde, je perds tous mes ptits soldats ! »
Pour éradiquer ce niais de Jean-Claude Gaudin Skywalker = « Madame, ici le Docteur S, vous avez un kyste prénommé Jean-Claude, on va vous donner des médicaments pour l’éliminer ».

Petit présomptueux ne vois tu pas le nombre
Déployé? L’armée des ombres, tu seras éliminé = « Ha non, finalement vous n’en avez pas 1, mais 2. »
Au nom des forces mythiques qui habitent là = « Sur votre ovaire droit. De 5 cm. »
Dans mon cerveau, je ne donne pas chère de ta peau = « Ha oui, et vous en avez aussi sur le menton. Des kystes. Ouh que c’est pas beau ! Mais on peut malheureusement rien y faire… Tant qu’il y a projet de grossesse. »

Le souffle de la force est en moi = T’as mal au bide hein ?! Tu cracherais bien du feu ?
Le microphone crépite, crache des tas de flammes sur les "en bois" = Non, en fait pas assez. LA, maintenant t’as mal au bide. Oui oui ça fait comme un tsunami à l’intérieur. C’est normaaaaal.
Le fils de Dieu tremble = Ouh là, Dieu tu sais ma pauv’ fille ce qu’il en pense de ton cas….
Mais lutte avec ses armes, renverse les crédos qui lui semblent

Erronés, brisent les traîtres de la tête au péroné = Périnée ? Qui me parle de mon périnée ??
Par la peur l’ennemi reste sclérosé = C’est vrai que « l’ennemi » (celui qui sait comment on fait les bébés naturellement), a un peu peur de la force. Sait-on jamais si ça s’attrape… Et puis c’est vraiment trop triste on préfère pas en entendre parler.
Longue vie au règne de la nuit = « Chéri On sort ? Jusqu’à très tès tard ? Et on boit jusqu’à plus soif ? J’ai envie de danser là. Si je suis fatiguée. Tss, non, j’ai pas envie d’être raisonnable ! Et la raison je l’emmerde. »
D’une théorie qui renverse les croyances établies = Ha tu pensais que t’allais avoir des bébés comme ça juste en FAISANT L’AMOUR… Hein ?! Pauvre de toi !

"Luke, aide-moi", idiote il est trop tard = Bon, pas encore tout à fait, t’as pas encore 35 ans. Mais attention… Tic tac tic tac.
Tu appartiens au sinistre sombre seigneur vêtu de noir = C’est la moooooort dans ton corps.
Casque, souffle rauque sous une armure = T’en chies des ronds de chapeaux hein ?!
Du soldat le plus dur de l’empire du côté obscur = Alors là faut que je développe 2 sec. Parce que oui, l’infertilité c’est le truc le plus difficile que t’as jamais vécu de ta vie. Tu ne pensais pas que tu rencontrerais un jour un obstacle comme celui là. Qui chamboulerait tout. Renverserait tes repères, foutrait toutes tes habitudes, tes certitudes en l’air. Et avoir un enfant devient un combat. Et tu deviens un soldat. Alors que tu voudrais juste être une maman.

Obscure, la force est noire, noire
Comme le château où flotte l’étendard, notre drapeau
Sois sûr que sous les feux, la vérité est masquée
Viens, bascule de l’autre côté

Obscure, la force est noire, noire
Comme le château où flotte l’étendard, notre drapeau
Sois sûr que sous les feux, la vérité est masquée
Viens, bascule de l’autre côté = voilà.

On n’est plus chez soi #4

Vous connaissez le principe, aujourd’hui, c’est la mère cane et sa petite soeur qui ont eu la gentillesse de bien vouloir laisser un mot ici pendant que je suis chez elle. La mère cane vous la connaissez: tous les lundis elle lance un pavé dans la mare, qui lui permet de pousser une gueulante par exemple sur les gens qui voudraient bien éduquer nos enfants à notre place, ou ceux qui voudraient nous faire croire qu’en fin de compte, l’épisiotomie c’est une petite promendade à la campagne, et elle fait aussi des articles où elle partage son expérience d’une manière fine et réfléchie. Et puis c’est une rigolotte aussi!

Aujourd’hui, la Mère cane s’ouvre en plus sur un sujet que je trouve fascinant: ce qu’on ressent de l’autre côté de l’éprouvette, et elle en parle d’une façon qui m’a vraiment hypnotisé je dois dire.

 

Mes parents ne me l’ont pas dit. J’ai tout découvert à la naissance de ma sœur, elle aussi bébé éprouvette. C’est comme ça qu’on nous appelait dans les années 80.  Je suis née en 1983. La même année que le premier bébé éprouvette. Ma mère a failli y rester. Les traitement étaient beaucoup plus violent à l’époque. Ils inséminaient les femmes avec plus de 10 embryons. Dans mon cas nous étions 7. Ma mère avait déjà   fait 3 fausses couches. Son corps rejetais toujours les bébés. Elle nous perdait les un après les autres. Et puis à la fin il n’est resté que moi. Ils lui on fait un cerclage. Je suis tout de même née prématurée:7 mois 2kg200 des mois en néonat pas d’allaitement. Personne ne m’ rien dit car ils avaient peur de ma réaction. En ce temps là, on en parlait pas. Les gens avaient peur que nous soyons différents. des monstres. Mais quand ma sœur est née en 1990 j’avais 7 ans et on ne pouvait plus me le cacher. Pour elle ils étaient 5. garçons et une fille. Il parait que les filles tiennent mieux le traitement anti rejet. Mes frères n’ont pas tenus ma sœur est restée.
Ce que je retiens de tout ça? L’amour immense qu’une mère peut avoir pour son enfant à venir. Ma mère a tout sacrifié pour nous avoir…son corps, son couple, sa féminité. J’ai toujours ressenti comme une immense dette envers elle. Un besoin de justifier tout ça. Être la meilleure me donner à fond. Ma sœur aussi agit comme ça!
Cela m’a rendue plus ouverte aux différences et plus curieuse aussi. me dire que ma vie à débuté dans un tube à essai je ne sais pas quelque part ça me fascine! Je me souviens avoir demandé à ma mère si il y avait des photos du moment de la fécondation! T’imagine voir l’ovule et le spermatozoïde ton toi initialement divisé en train de s’unir… Géant!!! Mais en fait il n’y en avait pas ^^ dommage!
Pour le sexe ils savaient car ma mère les a perdu au fur et a mesure pour certains on pouvait déjà voir le sexe (dans le cas de ma sœur ils étaient 5 elle était la seule fille); pour moi je sais le nombre d’embryons inséminés mais pas le sexe ils sont partis trop vite. Je les considère comme mes frères et soeurs parceque je ne sais pas quelque part nous étions ensemble, des jumeaux, nous avons surement communiqué, nous avons existé un jour ensemble alors je ne les oublie pas.
Et voici ce qu’ajoute la petite soeur de la canette, qui est tout aussi touchant:
Bonjour,
Je m’appelle C.R je viens tout juste d’avoir 21 ans. C’était Lundi dernier. Je suis majeure aux USA c’est fou. J’avoue que jusqu’à ce que ma sœur vienne me poser la question je ne me suis jamais vraiment longuement demandé ce que ça me faisait d’avoir commencer à vivre dans un tube à essai. Je ne me sens pas différente des autres. Petite ma mère n’était pas plus protectrice ou autre. Elle disait juste assez souvent que nous devions lui obéir et l’aimer plus parce qu’elle nous avait voulu. Je pense que c’est surtout pour notre mère que les choses sont différentes. C’est elle qui a subit un lourd traitement. C’est elle qui a du patienter pour nous avoir. C’est elle qui a accouché. Chez nous c’est très drôle le jour de notre anniversaire il y a un petit rituel. Nous recevons des cadeaux de nos parents, mais nous offrons aussi un cadeau à notre mère. Et nous lui disons merci! Elle y tient beaucoup.
Je voudrais aussi vous dire bonne chance à vous et votre mari. Je vous souhaite pleins d’anniversaires de naissance.
CR
Et bien évidemment je suis donc ici, à la mare au canard. Si vous aussi vous avez votre mot à dire sur l’inferftilité, n’hésitez pas à me contacter à cette adresse: faithfully_y@ymail.com.
Et pour celles qui m’ont déjà contactée, je ne vous oublie pas, je m’occupe de vous cette semaine, toutes mes confuses pour le retard!

On n’est plus chez soi #4: l’infertilité vue par un homme, le mien

Je vous aurais bien raconté que depuis jeudi dernier, je ne suis allée faire caca que deux fois parce que j’ai peur de perdre mes enfants décongelés dans le siphon, ou alors que j’ai mystérieusement un bouton type bouton de moustique sur le cul et un à l’intérieur de la cuisse alors que je ne dors ni ne me promène toute nue, et que comme je n’ai aucune idée de là où ça vient, l’idée saugrenue a germé en moi que c’était peut-être un symptôme de grossesse. Ahahaha. Je suis drôle. En même temps, vu que j’ai toujours pas mal aux nibards, je me raccroche un peu à tout ce que je peux. Et puis bon, je m’en fous au fond, je continue de me dire que si ça marche c’est bien (en fait c’est plus que bien, c’est génial, c’est incroyable, c’est au-dessus de tout ce qu’on peut imaginer), sinon on recommencera et voilà.

Je vous dirais bien tout ça donc, mais j’ai pas tellement le temps de vous parler de ça aujourd’hui puisque je laisse la place à quelqu’un que j’aime et qui a bien voulu répondre à mes questions: mon mari.

-          Comment tu croyais qu’on faisait des enfants avant ?

Ben on fait touc touc et après la femme par l’apparition du saint esprit tombe enceinte. Ainsi je pensais que l’on faisait les bébés que de la manière naturelle.

-          Qu’as-tu pensé pendant les un an d’attente où on a attendu comme des connards pour rien en pensant qu’on était trop des gens normaux ?

Bah on avait et on a toujours raison d’espérer la preuve ça a faillit marcher une fois. En fait je n’y pensais pas du tout.

-          A quel moment est-ce que tu as commencé à te dire « on y arrivera peut-être pas tout seuls » ?

Le résultat du premier spermogramme (optimiste à fond ;)).

-          Que savais-tu de l’aide médicale à la procréation avant ? Quels étaient tes a priori ?

Rien du tout. Quelque part je voulais pas y réfléchir car cela me gênait.

-          Tu pensais quoi en te rendant chez le gyneco pour la lecture des résultats des analyses ?

Au fond de moi je pensais pas que c’était aussi grave que ça allait être aussi difficile je pensais qu’elle allais nous dire qu’il y a une solution (la fiv est une solution mais bon ).

-          Tu pensais quoi en sortait de chez le gyneco après le rendez-vous ?

-          J’étais anéanti émasculé (nan c’est Emmanuel mais bon) [N.D.L.R: Je ne cautionne en aucun cas cette blague pourrie] car je ne suis pas un homme qui peut donner la vie (enfin sauf par miracle) donc c’est pas très top pour la virilité.

-          On ressent quoi quand on apprend qu’on est unique ?

Premièrement on en veut un peut à la vie car s’il y a bien quelque chose que je voudrais changer c’est bien cela, mais après on apprend à relativiser à ce dire qu’il y a toujours pire que soi et qu’il y aura toujours une solution.

-          Finalement, la fiv ça t’as appris quoi ?

Bah mine de rien je suis calé dans tout le processus de fabrication du bébé (tout le mécansime).

-          Est-ce que c’est difficile de suivre ce parcours et pourquoi ?

Nan c’est finger in the nose j’ai juste à me br…  devant des revues et après le traitement c’est ma femme qui le prend, nan je plaisante. C’est difficile psychologiquement car il faut tout faire pour ne pas y penser mais dans un sens on a tellement envie que ça arrive qu’on arrète pas d’y penser dans n’importe quels gestes et mouvements de la journée. Et puis y la manière d’assumer l’echec,  on culpabilise beaucoup pendant ces phases.

-          Est-ce que t’y crois encore et pourquoi ?

Tant qu’il y aura ne serais-ce qu’une once un micro un nano espoir j’y croirais au plus profond de mon cœur.

-          Tu dirais quoi à un type qui vient d’avoir des résultats pourris sur son sperme ?

Va voir tout de suite un médecin pour voir s’il faut faire une conservation, n’arrête surtout pas la branlette, commence si c’est pas  le cas par avoir une bonne hygiène de vie (manger des aliments seins beaucoup de fruits manger équilibrer arrêter les sodas faire du sport ça entretien et évacue la pression) c’est pour cela qu’on peut faire des fiv. [N.D.L.R.: Monsieur Faithful fait ici référence aux propos que lui a tenu le Dr K. quand nous l'avons rencontré, à savoir que sa qualité (désastreuse) de sperme était inespérée pour une personne accumulant autant de problèmes que lui, et nous en avaons déduit que c'était grâce au mode de vie ascétique et chiant über sain de monsieur Faithful, qui est obsédé par l'idée de mener une vie saine.]

-          Est-ce que tu crois que si le Petit Jésus veut pas qu’on ait d’enfant c’est une sorte de vengeance à cause de tes blagues pourris et pour que tu arrêtes de réciter les dialogues des Visiteurs et des sketches des Inconnus ?

Nan c’est que la vie est injuste ya des connards qui peuvent avoir des bébés et ya des gens qui sont inconscients pendant la grossesse et ils y arrivent quand même, et pas nous.

-          Fais-nous rire : raconte-nous ton premier spermogramme :

Ahah ben c’était à Eylau [N.D.L.R.: le laboratoire d'Eylau, connu de tous les infertiles parisiens je pense] et en fait quand on rentre là dedans on à l’impression que c’est l’usine à sperme ou la rencontre des branleurs anonymes ; y a pleins de pièces avec des télévisions je rentre dans la pièce. Bon déjà l’odeur n’est pas rebutante ça va. Puis y a une infirmière qui me dit "vous vous lavez les mains et le sexe puis vous prenez la télécommande appuyez sur le bouton et … " et là c’est le drame. Je vais au lavabo pour donc me lavez les mains et … je vois une affiche qui explique comment faire ces choses :

1 . allez au lavabo

2 . lavez vous les mains

3.  prenez une lingette désinfectante

4.  Désinfectez vous la partie intime

5.  jettez a la poubelle la lingette

6.  procédez à la masturbation

C’est vrai je suis un homme je ne sais pas l’ordre des choses.

Donc après je veux me mmm mais y a quelque chose qui coince: la télécommande ne fonctionne pas. Donc je me rhabille et Je demande à l’infirmière pourquoi.

"Ce sont les piles attendez je vais vous en chercher une autre ah bah voilà ça marche" Devinnez quoi ? Gros plans sur une sodomie, trop bien. Voilà et petite anecdote encore palpitante le film passe en boucle que vous soyez dans la salle 1 ou 10 ou mes couilles (elles sont pourries mais bon ça fait rire les gens) vous regardez la même scène (avis aux amateurs pour les concours).

Même si je n’ai aucune idée de quel concours il parle, je crois qu’il m’aurait presque ému ce type, avec ses blagues pourries. Ouais, moi aussi j’ai appris des choses avec cette entrevue.

Bon, si vous voulez dire quelque chose en lien avec l’infertilité, faites pas vos timides, contactez-moi à cette adresse mail par exemple: faithfully_y@ymail.com et venez en parler un lundi!

On n’est plus chez soi #3

Je suis super contente que ça commence à fonctionner ce truc, et que des gens soient assez sympa pour me contacter pour publier chez moi (bon, genre la fille qui se la pète, UNE personne s’est proposée, et j’ai supplié les deux autres, mais passons).

Aujourd’hui, c’est Maman Sioux qui s’adresse à vous. Maman Sioux, elle est déjà maman d’un petit tonique. Ca n’empêche pas que des fois, les gens la font chier et elle le dit, comme ici. C’est aussi une vraie copine que j’ai rencontrée dans  la vraie vie, même que je suis déjà allée dans son tipi. Maman Sioux, elle a  pas spécialement eu de problème pour avoir son fils, mais maintenant, elle est confrontée à ce que personne ne voudrait connaitre: la frustration de ne pas pouvoir avoir un enfant quand on veut. Elle fait partie de ces personnes qui m’ont permis de relativiser ma situation et d’arrêter de me prendre pour le centre du monde comme je vous le disais il y a peu de temps. Et je lui laisse la parole d’ailleurs:

L’infertilité temporaire ou la vie de mes feignasses d’ovaires

L’un des avantages indéniables de ma grossesse, c’a été de ne plus avoir à me demander sans cesse si ce disgracieux petit bourrelet ventral était simplement un rappel des séances d’abdos que je m’appliquais à éviter ou la manifestation physique so glamourous de ma constipation quasi permanente. Oui parce qu’un jour, j’avais fini par me rendre compte qu’une fois sortie des toilettes, j’avais bien moins de bide… et j’en étais toute retournée ! (c’était ma petite touche trash personnelle, le sésame pour avoir le droit d’être publiée ici – d’ailleurs, je me demande même si je suis pas pire que Faith là, parce que parler fond de culotte quand on est une fille, c’est pas si inhabituel… mais peu nombreux sont ceux qui osent aborder la question du petit chemin boueux).

BREF.

Petit résumé pour les gentilles lectrices de ce blog qui ne me connaissent pas : j’allaite mon (premier) bébé de 13 mois et depuis mon retour de couches lorsqu’il avait 3 mois, je n’ai jamais eu mes règles (ni ce qui les précède). Sauf que moi, ça m’arrange pas des masses de pas ovuler, vu que j’aimerais me lancer dans l’aventure du 2e, ayant un trip sur les enfants d’âges rapprochés, toussa toussa.

Donc maintenant, quand je regarde mon bide, je me dis : oh, ça fait comme une boule là à droite quand je touche (quand je veux faire une pause au boulot, je me tâte le bas du ventre, chouette hein ?) !! Je suis sûre que c’est l’ovaire qui travaille, c’est obligé vu que ma courbe de température elle a carrément baissé ces 2 derniers jours. Ou alors ce sont des restes de repas qui ont du mal à passer le 3e coude de mon gros intestin… (j’ai envie de parler de mes intestins aujourd’hui, désolée).
Ah je vous avais pas parlé de la courbe de température ? Ouais bon ok, j’ai pas règles mais ça empêche pas de s’amuser un peu non ? (à base de température rectale matinale tous les jours de la semaine, chacun ses jeux, et moi je le vaux bien !) Et puis la glaire, j’ai jamais réussi à voir clair (non, pas Claire de Clearbue, manquerait plus qu’elle…) dedans alors fallait bien un truc un peu tangible (des chiffres, de la courbe que diable ! Papa Sioux était même en joie à l’idée de me pondre un tableau Excel maison !).

Ah et puis l’autre jour, ça tiraillait vachement aussi.

- « Hé chéri, vas-y touche! Tu trouves pas qu’il est tendu mon bas ventre là? C’est pas un signe de début de grossesse ça ? »

Peut-être qu’à l’époque du contrôle (le jour où je suis allée faire un coucou de politesse à mes ovaires, genre comment allez-vous 1 an après ? Et si on se remettait au boulot bande de feignasses, non ???), le gynéco n’ait pas vu et que je sois enceinte quand même non? Genre si l’oeuf il était pas encore descendu des trompes ou je sais pas quoi ?

Bon OK, je vais pas faire pleurer dans les chaumières avec mon histoire (au moins j’aurais essayé), parce que c’est vrai, j’ai déjà eu un gamin sans problème donc y’a pas de raison que ça marche pas à nouveau (scientifique, l’argument, vous noterez). Mais bon, si la question de la conception était aussi aisée, ça se saurait (à part pour ma belle-mère qui arrête pas de raconter qu’à chaque coup, ils avaient à peine le temps de le décider qu’elle était déjà enceinte… ouais oh ça va hein, belle-maman !!). Je veux bien croire que ça va se débloquer « tout seul » (m’en fous, je vais quand même tenter de filer un coup de pouce à la nature : sevrage progressif, micro-kiné puis homéo s’il faut ou encore acupuncture) mais c’est comme tout : tant qu’on ne sait pas QUAND, bin c’est dur, c’est long, ça fait chier quoi…

J’apprends que rien n’est jamais acquis, qu’on n’a pas toujours ce qu’on veut quand on veut – je suis pas naïve à ce point, j’avais déjà remarqué quand même hein, mais dans ce domaine, passée la 1ère grossesse, ça m’avait pas effleuré l’esprit. J’apprends l’humilité, on peut pas tout planifier finalement, même si ça avait pas trop mal marché jusqu’à maintenant. J’apprends la patience, j’essaie de me raisonner à coups de « c’est mieux comme ça, Pti Tonique sera plus grand et plus autonome », « ça nous laisse le temps de finir les travaux dans la maison », « ça nous laisse de nous retrouver en couple » (ah ah ah), « de trouver un prénom si c’est un garçon » (super la justification de l’attente, vous noterez à quoi j’en suis réduite…), etc.

Mais j’ai un truc à vous annoncer : ça sert à rien ! C’est complètement pipeau. On ne raisonne pas ses tripes. On fait juste en sorte de remplir sa vie encore plus pour avoir encore moins le temps d’y penser. On en plaisante avec les gens qui te sortent fort à propos « oh, je croyais que tu allais m’annoncer le petit 2e !! », on recommence à acheter bêtement des fringues en 1 mois trop meugnonnes pour patienter (que d’ailleurs, s’il naît en hiver, il va se les cailler avec sa combinaison à manches courtes), on écoule tranquillement les stocks restants de tests d’ovulation parce que de toutes façons, ils sont périmés depuis 2 mois alors c’est mieux que de les jeter, hein ?

Ouais, ça paraît très long, ça fait chier. Et en même temps, chaque mois (enfin, après chaque séance sous la couette – non, ça veut pas dire que je baise qu’une fois par mois (quoique…) mais bon, comme en théorie, l’ovulation, elle a lieu qu’une fois par mois…), on y croit.

Et encore, je ne suis qu’un petit scarabée par rapport à Faith, mon maître… dont je partage temporairement et à moindre échelle le monde, et dont j’admire encore plus l’autodérision et l’optimisme.

Si vous aussi vous avez quelque chose d’intéressant à dire sur l’infertilité, vous pouvez venir le dire ici, en me contactant comme d’habitude à l’adresse suivante:

faithfully_y@ymail.com

Et sinon, moi, aujourd’hui, je suis chez Maman Sioux!

On n’est plus chez soi #2

Kakrine, c’est un peu mon modèle dans la vie, de sérénité, et de patience. J’aimerais bien avoir le dixième de ce qu’elle a. Kakrine, toutes les galères par lesquelles je passe, elle les a connues, en pire, et maintenant, elle a dépassé cette étape de l’AMP pour continuer son chemin sur une route plus longue encore, celle qui mène à l’adoption, et à la Thaïlande.

Kakrine, elle est posée, et elle a eu le temps de réfléchir à son enfant, à sa vision de l’adoption (vous pensez bien, l’adoption, c’est long) et elle en dit des choses très justes dans son article "Trouver les mots", ou dans "Egoïste"  en particulier pour lequel je rejoins tout à fait son point de vue, et puis c’est une adoptante engagée en quelque sorte, qui publie régulièrement des nouvelles sur la situation politique ou sociale de la Thaïlande.

Kakrine me fait donc l’honneur aujourd’hui de bien vouloir partager avec nous chez moi un peu de son expérience de l’amp, en revenant sur son parcours qu’elle juge avec beaucoup de recul, et je lui laisse d’ailleurs la parole:

 

 

Aujourd’hui, c’est donc chez Faithfullyyours que vous me lisez. Autant vous le dire tout de suite : j’adoooore son blog ! J’aime son humour féroce, sa « trasherie » hilarante, sa poésie aussi et finalement, son recul sur les « FIV et toussa ». Recul dont j’étais bien incapable lors de mon propre parcours de PMA et qui force mon admiration ! Alors bien sûr, quand elle m’a proposé un open-blog, j’ai foncé !

Elle voulait savoir comment on passe de la FIV à l’adoption, et si on tourne vraiment la page, « toussa ». Vaste(s) sujet(s) !! Et la nécessité de se replonger dans ce que je me suis appliquée, non pas à « oublier »  mais à en atténuer les souvenirs… simplement pour continuer d’avancer.

 

D’abord un retour rapide sur notre parcours : fev 2004- sept 2008 :  1 FIV, 4 ICSI, 3 TEC et deux fausse-couches violentes. Pas dans l’ordre, bien sûr : un chemin avec des hauts et des bas permanents.  « Tomber 7 fois, se relever 8 »… Fin du parcours PMA. Nombre de FIV autorisé épuisé… et nous aussi. Quatre ans et demi  difficiles, hantés par la PMA  quasiment jour et nuit. Douleur, angoisse, larmes, obsession, espoir aussi, et quelques rares moments de joie… Mais aussi, avec mon Namoureux, une grande complicité, beaucoup de soutien réciproque, d’échanges, de discussions : ces échecs successifs, ces épreuves successives nous ont indéniablement, définitivement, durablement soudés. Un « fond d’écran » permanent, et la culpabilité aussi. La difficile acceptation, pour nous qui sommes volontaristes, autonomes, actifs, de devoir dépendre d’autrui (en l’occurrence, des médecins),  pour ce qui est censé être la chose la plus simple et la plus naturelle au monde, avoir un enfant. Qu’elle n’est donc pas, CQFD.

 

J’avais arrêté la pilule en  juin 2002 (voir ici). Des essais, de plus en plus programmés, quelques examens, jusqu’à ce RV funeste de décembre 2003, la veille de mon anniversaire, chez ma gynéco : les résultats des analyses sont implacables. Elle nous conseille un RV PMA. Rapidement maintenant, parce que bon, j’ai alors déjà  34 ans.

En février 2004, nous rencontrons donc un premier médecin PMA. Vous savez, ces deux entretiens où on vous fait réfléchir un peu sur la PMA. Où on vous demande par exemple,  ce que vous pensez faire des embryons surnuméraires congelés, le jour où. Ce médecin, donc, qui nous dit entre autres, deux choses : « vous êtes un cas simple », ce qui se révèlera inexact, et « qu’en dehors de la PMA,  il y a aussi la filiation par adoption, vous y avez pensé ? ».  A quoi nous répondons que nous y avons vaguement pensé, que c’est quelque chose de positif à nos yeux, mais que nous voulons d’abord entamer un parcours médical, que nous avons confiance en la médecine et en ses progrès, qu’aujourd’hui « les FIV, ça marche  bien ». Ce qui se révèlera inexact aussi. Pour nous, en tous cas.

Cet échange avec ce médecin, par ailleurs  tout à fait sympathique, nous l’avons toujours eu en tête. Nous en avons régulièrement reparlé. A chaque échec, notamment.  Et surtout au moment où l’on a commencé à se rendre compte que ce serait compliqué. Quand on a rencontré le professeur qui dirigeait le service, après une FIV sans embryons. Nous n’étions soudain plus un cas simple… déjà compliqué,  mais pas encore désespéré.

Bref. En 2006, nous commençons sérieusement à discuter adoption. On n’en peut plus. On pourrait aussi faire avec un don de gamètes -l’une ou l’autre, nous sommes tous les deux « à problème ». On élimine vite ces possibilités : d’abord, ras-le-bol du médical, ensuite, on se dit « un enfant soit 100% nous, soit 100% pas nous ». Pas un 50/50 difficile à porter, à partager, à expliquer. Ensemble, comme depuis le début, c’est tout.

On commence à se renseigner. En avril 2006, on contacte l’asso EFA de notre département, pour avoir de premières infos. En résumé, c’est long, de plus en plus, et il faut être mariés. Ce que nous ne sommes pas.

On décide alors de poursuivre, et d’utiliser nos TEC et FIV restantes. Mais on n’y croit plus vraiment, on les fait pour ne pas regretter, pour se dire qu’on aura tout essayé. Brûler toutes les cartouches auxquelles « on avait droit ».  Et puis, ça marche… avant une fausse-couche apprise de la pire des manières, lors de la première échographie.

Je me dis de plus en plus que ce n’est pas comme ça, pas de cette façon là,  que je serai mère. Je fais des cauchemars, je revois ma dernière fausse-couche, je ne supporte plus certains aliments. Je suis mal. Puis peu à peu, j’arrive à trouver quelque chose de positif à ces fausses-couches : je sais ce que c’est qu’être enceinte. Au moins, je l’aurai « ressenti », dans mon corps, même si c’était très court…je sais aussi ce que sont des contractions violentes, le Samu, les urgences la nuit… Je comprends mieux ce que racontent les unes et les autres quand elles évoquent leur accouchement.  Je sais, maintenant, que je ne serai pas mère comme ça. C’est difficile, long, compliqué, douloureux.  Mais je chemine. Je le serai autrement. C’est tout.

Début 2007, nous nous lançons, décidés. Lettre au conseil général pour débuter la procédure. Réunion. On attend 6 mois, rien. Mon processus de « renoncement » se poursuit petit à petit. Je me sens déculpabilisée. Je n’aime pas le terme de « deuil de l’enfant biologique », utilisé à toutes les sauces, je préfère celui de renoncement. Renoncer, c’est aussi choisir. Choisir autre chose. On se réapproprie notre projet parental. Nous savons qu’il va falloir attendre, attendre encore. Mais l’adoption, c’est complètement différent : On est actif, on construit notre projet, contrairement aux FIV où l’on est passif, dépendants des -bonnes ou mauvaises…- décisions des médecins, où le « protocole » nous contraint et nous dépasse.

On fait ce qu’il faut auprès des psys et AS, on fait le meilleur dossier possible, on se renseigne, on réfléchit à ce qu’on dit … Toujours dépendant d’autrui pour devenir parents, bien sûr, mais cette attente n’a rien à voir : un enfant est au bout du chemin, notre enfant. De façon presque certaine. Contrairement aux FIV.

A la rentrée, tout s’accélère : rendez-vous avec l’AS et le psy. En octobre : bon, on a tout maintenant, il ne manque plus que le certificat de mariage pour passer en conseil de famille et obtenir l’agrément. Branle-bas de combat : on se mariera le 8 décembre. Et nous aurons l’agrément le 24 janvier 2008. En mai 2008, l’AFA accepte notre dossier. Ce sera la Thaïlande. Une joie immense. Un aboutissement et surtout, surtout, un nouveau départ.

Un dernier TEC se fait en septembre 2008. Par le médecin du premier rendez-vous, d’ailleurs… Cette fois, on en vient presque à « espérer » l’échec,  maintenant que notre parcours d’adoption devient concret ! On y va très très détachés… on n’est plus « dedans ». Notre tête, notre cœur, sont en Thaïlande, où nous attend notre enfant, nos enfants.

Dans les mois qui suivent, je me mets à lire tous les bouquins sur l’adoption, l’attachement, les « how to » pour élever et accompagner un enfant adopté. Ça  fait sourire mon mari, et moi, ça me rassure. Je suis prête. Cela fait maintenant un moment, donc. Prête à être maman. Juste autrement.

 

PS : L’illustration est tirée de la couverture du livre « J’adopte » de Coco Tassel – Un très joli livre, touchant et lucide, «  vif et vrai »  sur les parcours de PMA et d’adoption. Et une excellente  post-face de Jean Marie Colombani.

 

Moi, je suis m’incruste chez Kakrine aujourd’hui si ça vous intéresse, pour y donner ma vision de l’adoption. Sinon j’aimerais bien pouvoir publier ici une fois par semaine (bon, au moins une fois par mois sinon) des choses de vous, donc si vous souhaitez publier ici quelque chose en lien avec votre désir d’enfant, ou votre infertilité, c’est ici qu’on me contacte:

faithfully_y@ymail.com

 

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